HISTORIQUE ET TEMOIGNAGES DE SAVANTS SUR DES TEXTES D’ALLAN KARDEC, LEON DENIS et GABRIEL DELANNE (suite)

Publié le par Union Spirite Française et Francophone

Le public n’adopta pas aussi facilement que nos sommités médicales l’explication des os chantants, et nous pouvons citer bon nombre d’illustrations qui ont donné une adhésion pleine et entière du Spiritisme.

Avec son style nerveux et poétique, Auguste Vac­querie raconte dans Les miettes de l’histoire les expériences qu’il fit en compagnie de Mme de Gi­rardin, chez Victor Hugo à Jersey ; nous lirons plus loin cette narration instructive.

Le célèbre homme de lettres écrivit cette phrase typique : « Je crois aux Esprits frappeurs d’Amérique, attestés par 15000 signatures ».

Victor Hugo dit d’autre part : « La table tournante et parlante a été raillée : parlons net. Cette raillerie est sans portée. Nous estimons que le devoir étroit de la science est de sonder tous les phénomènes. Faire banqueroute au Spiritisme de l’attention à la­quelle il a droit, c’est faire banqueroute à la vérité ».

Victorien Sardou a fait du Spiritisme et il est de­venu un médium dessinateur. La Revue Spirite a publié une série de dessins obtenus mécaniquement par lui, qui sont des chefs-d’œuvre d’exécution déli­cate et d’inspiration spirituelle.

L’historien Eugène Bonnemère a écrit : « J’ai ri comme tout le monde du Spiritisme, mais ce que je prenais pour le rire de Voltaire, n’était que le rire de l’idiot, beaucoup plus commun que le premier ».

L’illustre astronome Flammarion a, lui aussi, étu­dié longtemps ces phénomènes et popularisé, dans son style merveilleux, les doctrines philosophiques chères aux spirites. Théophile Gauthier, le poète intitule Spirite une de ses nouvelles les plus capti­vantes, et on retrouve à chaque instant dans ses œuvres les traces de ses croyances en la doctrine spirite.

Maurice Lachâtre, l’auteur du dictionnaire, fut également un partisan convaincu de ces idées. Le Dr Gibier, lauréat de l’Académie de Méde­cine, chargé à plusieurs reprises de missions scienti­fiques, réunit ses expériences sur le Spiritisme en deux volumes : Le Spiritisme et Analyse des choses. On trouve dans ces livres des faits, bien observés, et des confirmations de travaux antérieurs sur le même sujet.

 

Le mouvement spirite actuel est plus florissant puisqu’il compte plus de 20 millions d’adeptes, ré­partis à travers le monde. La Société de Recherches Psychiques de Londres existe toujours. A Paris, la première Société de recherches psychologiques et physiologiques fut fondée dans le but d’étudier les phénomènes de télépathie et d’apparitions. Une Commission fut nommée, dont M. Sully Prud’homme, de l’Académie française, fut le Prési­dent.

 

G. Ballet, Professeur agrégé de l’Académie de Médecine, et Beaunis, Professeur à la Faculté de Médecine de Nancy, comme Vice-Président Char­les Richet, Professeur à la Faculté de Médecine de Paris, et le Lieutenant-Colonel Rochas, Adminis­trateur de l’Ecole Polytechnique, se joignirent à cette équipe. Un journal mensuel : Les Annales psychiques, sous la direction de César de Vesme un éminent érudit, relata les travaux de la Société.

 

C’était en quelque sorte un commencement de consécration officielle de ces études mais les spiri­tes n’ont pas attendu ces encouragements et, depuis longtemps ils ont des groupes d’études en nombre considérable dans toutes les parties de la France.

 

Actuellement à Paris, sous l’égide de l’Union Spi­rite française et francophone, des groupes offi­ciellement déclarés diffusent et organisent des séances d’études sur la doctrine spirite (voir revue spirite éditée par l’USFF 1, rue du Docteur Four­nier 37000 Tours

 

A partir des congrès spirites de 1889 et 1900 qui eurent lieu à Paris, les comptes rendus des travaux des congrès à travers le monde, notamment au Bré­sil, n’ont cessé de se répandre à travers tous les groupes spirites du monde. D’illustres savants, MM. Richet, de Rochas, Flammarion, Maxwell ont reconnu que les phénomènes qu’ils ont étudiés, sont réels. Ils n’ont cessé de se reproduire sous dif­férents aspects dans le monde : soit dans ce que l’on dénomme les phénomènes subjectifs, ou les phénomènes matériels, dont nous aurons l’occasion de donner le détail dans une série d’exposés, par fascicules préparés par l’USFF, afin d’informer et d’instruire un public trop souvent désinformé ou intoxiqué par des dogmes puérils.

 

Allan Kardec transcrivait dans le Livre des Esprits, et en conclusion, le message suivant de Saint Au­gustin :

 

« Assez longtemps, les hommes se sont entre-déchirés et renvoyés l’anathème au nom d’un Dieu de paix et de miséricorde, et Dieu s’offense d’un tel sacrilège. Le Spiritisme est le lien qui les unira un jour parce qu’il leur mon­trera où est la Vérité et où est l’erreur ; mais il y aura longtemps encore des scribes et des pha­risiens qui le dénieront, comme ils ont dénié le Christ.

 

« Voulez-vous donc savoir sous l’influence de quels Esprits sont les diverses sectes qui se partagent le monde ? Jugez-les à leurs œuvres et à leurs principes.

 

« Jamais les Bons Esprits n’ont été les insti­gateurs du mal ! Jamais ils n’ont conseillé, n’ont excité les haines des partis, ni la soif des richesses et des honneurs, ni l’avidité des biens de la terre ; ceux-la seuls qui sont bons, hu­mains et bienveillants pour tout le monde, sont leurs préférés et sont aussi les préférés de Jé­sus, car ils suivent la route qui leur a été montrée pour arriver au but.

 

Observations et premières objections

 

Extraits du livre de G. Delanne : Le phénomène Spirite .

 

Le mouvement des tables fut accueilli par d’universelles suspicions ; l’explication la plus sim­ple était que les personnes, réputées « médiums », appuyaient purement et simplement sur la table et que les réponses justes étaient dues au hasard. Quant aux coups, on les produisait avec le pied.

 

Mais, quand il fut avéré que des personnes, d’une honorabilité au-dessus de tout soupçon, obtenaient des mouvements de meubles, il fallut trouver quel­que chose qui expliquât les faits en bannissant l’hypothèse d’une fraude volontaire.

 

C’est alors qu’apparurent les théories dans les­quelles les mouvements produits étaient le résultat d’une action musculaire inconsciente. Faraday pré­tendit qu’une fois l’adhérence des doigts établie avec la table, la trépidation musculaire est assez puissante pour imprimer au meuble une certaine rotation. Chevreul, frappé par cette idée, publia dans un livre, intitulé La baguette divinatoire et les tables tournantes des expériences sur le pen­dule d’où il résultait que les impulsions multiples et répétées, dans un même sens, peuvent ébranler un corps dont la masse est hors de proportion avec les causes motrices ; c’est ce que Babinet appela les mouvements naissants et inconscients.

 

Allan Kardec, dans un article qu’il publia dans La Revue Spirite de novembre 1858, écrivait très ju­dicieusement :

 

« Il y a polémique et polémique ; il en est une de­vant laquelle nous ne reculerons jamais, c’est la dis­cussion sérieuse des principes que nous proposons. Toutefois, il est ici même une distinction à faire ; il ne s’agit que d’attaques générales dirigées contre la doctrine, sans autre but déterminé que celui de cri­tiquer, de la part de gens qui ont un parti pris de rejeter tout ce qu’ils ne comprennent pas, cela ne mérite pas qu’on s’en occupe ; le terrain que gagne chaque jour le Spiritisme est une réponse suffi­samment péremptoire et qui doit leur prouver que leurs sarcasmes n’ont pas produit grand effet. On se demande alors pourquoi tant de gens éminents adoptent ces idées nouvelles.

 

« Remarquons encore que parmi les critiques, il y a beaucoup de gens qui parlent sans connaître la chose, sans s’être donné la peine de l’approfondir ; pour leur répondre il faudrait sans cesse recom­mencer les explications les plus élémentaires et ré­péter ce que nous avons écrit, chose que nous croyons utile. La science spirite est à son début et ne nous a pas encore dit tous les secrets. Ainsi loin de repousser les objections et les questions, nous les sollicitons, pourvu qu’elles ne soient pas oiseu­ses et ne nous fassent pas perdre notre temps en futilités, parce que c’est un moyen de s’éclairer »

 

D’AUTRES PHENOMENES

 

LA MATERIALISATION D’EMILIE DE SAINTE AMARANTHE

 

(Voir également notre Edition spéciale de décembre 2001)

 

Le Dr Geley, s’est illustré par ses études concer­nant les problèmes philosophiques, notamment la question du subconscient et auquel allait être confiée la direction du premier Institut Métapsy­chique International fondé, à l’origine, par un émient donateur spirite : Jean Meyer.

 

Ce qui attira l’attention du Dr Geley, fut l’étude des phénomènes de matérialisations obtenues par le Dr Bisson avec le médium Eva Carrère, lesquels avaient donné lieu à de nombreuses polémiques. Dans un petit appartement loué rue Suffren à Paris, Eva déshabillée et seulement revêtue d’un maillot noir, puis d’un sarreau noir, fut installée dans un fauteuil. Plusieurs appareils avec un éclairage de lumière rouge furent utilisés. Des clichés furent obtenus sur neuf séances du 11 janvier au 11 mars 1918, c’est à celle du 13 février 1918 que se produi­sit l’apparition d’un visage sur la poitrine d’Eva. C’était un visage blafard aux yeux exorbités ayant un peu plus du tiers de la grandeur nature. Le 21 février 1918, au moyen de la planchette, l’entité qui apparaissait dicte :

 

« Emilie de Sainte Amaranthe… guillotinée… 1794…promenade faubourg St-Antoine… place du Trône… Echarpes rouges…Promenade cardinaux rouges.

 

Le Dr Geley demande à l’entité :

 

- Que venez-vous faire ici ?

 

- Robespierre, pour se venger, nous avait enve­loppé d’écharpes rouges… Il m’aimait et je me mo­quais de lui… Je voulais venger la reine bien ai­mée… Vous vous occupez de moi chaque jour… Ma mère et mon petit frère étaient dans la char­rette…

 

Le Dr Geley constate que le cou était tranché net et que la section était rouge. En tant qu’éminent chercheur, le Dr Geley découvrit qu’il y avait eu une Emilie de Sainte Amaranthe guillotinée en 1794, le 28 février à Vincennes.

 

Le message suivant est donné aux expérimenta­teurs :

 

-Ma mère et moi avons été enterrées au cimetière de Picpus, nous sommes ensemble dans le même panier.

 

- Nous n’avons pas trouvé de portrait de vous.

 

- Cherchez dans les archives du temps de la Ré­volution.

 

- Ces manifestations sont-elles voulues par vous ?

 

- Non.

 

- Elles sont organisées par quelqu’un ?

 

- Oui, pour combattre l’incrédulité…

 

Le Dr Geley se rendit chez G. Lenôtre, historien de la Révolution pour le mettre au courant et s’informer si les renseignements étaient exacts. Le 21 mars, le Dr Geley découvre une œuvre de Le­nôtre intitulée : Le baron de Batz où se trouve ra­contée l’histoire de la famille de Sainte Amaranthe. Au bout de recherches interminables, racontées dans l’ouvrage de Paul Lecour : Manifestations posthumes, sorti le 22 juin 1950, aux Editions Dervy, le portrait d’Emilie de Sainte Amaranthe fut découvert à Etampes. Il est peint par Jacob. En comparant ce portrait avec les matérialisations ob­tenues par l’intermédiaire du médium à effets phy­siques, Eva Carrère, la ressemblance était frappante. C’était le même visage, celui de cette belle jeune fille de dix-neuf ans qui fit preuve d’un courage extraordinaire devant la mort et qui possédait une âme si charitable.

 

Ces faits multiples et divers apportent une im­portante contribution à la démonstration de la sur­vie et incitent à ne pas envisager la mort avec crainte ou comme la fin de l’existence.

 

Matérialisation

 

d’Emilie de Sainte Amaranthe

 

LE CAS DE LUCIENNE MARMONNIER

 

Lucienne Marmonnier est née le 12 février 1920. Sa mère l’appelait Lulu ; elle est pour beaucoup la sœur Lulu.

 

Enfant, elle avait un caractère vif, enjoué. Vers l’âge de cinq ans, elle devint taciturne, se détour­nant des occupations de son âge et se complaisant dans une tranquillité inhabituelle. Ceci parut anor­mal à ses parents qui la firent observer par plusieurs médecins qui ne décelèrent aucun état pathologi­que ; la cause de sa prostration soudaine ne put donc être déterminée.

 

Sa mère commençait à s’intéresser au Spiritisme. Ayant entendu parler de Maria Munoz qui était médium-guérisseur à Casablanca, elle lui amena la jeune Lulu. Après une neuvaine de soins (2), l’enfant reprit son entrain. Maria Munoz qui était également médium-voyant, expliqua à la mère que l’enfant était influencée par un Esprit inconscient, un vieillard. En outre, elle recommanda d’éviter pour la petite Lulu, les expositions au soleil (3).

 

Tout enfant, Lulu manifestait une faculté de voyance ; elle disait assez souvent à ses parents, voir un homme âgé qui la berçait pour l’endormir et elle aimait beaucoup sa présence.

 

A l’âge de seize ans, à la suite d’une baignade à la piscine et d’une exposition prolongée au soleil, elle ressentit les premiers effets du mal qui devait met­tre fin à sa mission terrestre.

 

Sur les conseils du médecin, les études furent évitées ; ceci dit pour signaler que Lulu avait une instruction élémentaire mais une vive intelligence naturelle.

 

Sa faculté voyante et intuitive se développait. Elle fit ainsi connaissance de son esprit-guide. Sa mère aimait à raconter dans quelles circonstances elles le connurent. Elles étaient toutes deux à Ifrane (Maroc) où la fillette se reposait. Celle-ci vit un frère spirituel, un Arabe à la barbe abondante, qui lui apprit qu’il était son guide. Devant son étonnement, il lui conseilla de demander à la Bibliothèque de l’hôtel le livre in­titulé La vie de Méhémet Ali. Le livre n’y était pas mais il fut expédié de la Bibliothèque de Rabat

 

Elle connut ainsi ce que fut la dernière existence de son guide spirituel. Elle ne put s’empêcher de lui faire part de sa surprise qu’il fut guide, ce qui néces­site une certaine élévation spirituelle, alors que dans sa dernière existence, il avait fait exterminer les Mameluks (4). La réponse fut prompte : Il fallait couper les mauvaises herbes. Elle lui demanda pour quelle raison il était son guide à elle. Elle apprit ainsi que sa dernière existence s’était passée en Egypte et qu’elle y était morte à l’âge d’une ving­taine d’années, atteinte du typhus, dans une prison d’Alexandrie où elle avait été jetée par ordre de Méhémet Ali ou de son fils. Elle eut la curiosité de demander ce qu’était devenu son fils Ibrahim et sut ainsi qu’il était réincarné en l’un des frères qui fré­quentaient le Centre de Casablanca, le frère R… pour lequel elle ressentait une grande sympathie, d’ailleurs partagée. (5)

 

Au cours d’une cure en Haute Savoie, Lulu se trouvait dans un sanatorium avec sa mère, lorsqu’un soir, elle entendit du mouvement dans la chambre du dessus. Elle vit alors, traversant sa chambre, l’Esprit désincarné du malade qui y lo­geait ; celui-ci venait de quitter l’existence. Elle dit à sa mère : « Le malade du dessus est parti. » Les corps étaient enlevés la nuit afin d’éviter aux mala­des voisins un spectacle pénible et démoralisant. Le lendemain elle s’empressa de demander des nouvelles de ce malade à l’infirmière. Celle-ci s’empressa de ré­pondre qu’il était retourné dans sa famille, pensant lui cacher la vérité. Lulu sourit, car la réponse était d’à propos, si l’on entend « La famille spirituelle ».

 

Lorsqu’elle était à Azrou, de la fenêtre de sa chambre dominant le cimetière musulman, elle voyait les Es­prits désincarnés qui y abondaient et parfois même venaient et traversaient la chambre, ce qui la ré­jouis­sait. La mère ne voyait rien.

 

Lulu avait la faculté de dé­doublement spirituel. Il lui était permis d’aller en esprit voir ce qui se passait à l’extérieur de la maison, dans la rue. Ses parents s’empressaient de contrôler.

 

Au mois de novembre 1939, elle était allongée dans son ca­napé lisant un magazine illus­tré, quand subite­ment, elle sentit une influence dans son bras droit. Elle prit un crayon et sur l’hebdomadaire elle écrivit une courte communi­cation spirituelle par laquelle l’entité communicante de­mandait que l’on effectuât des achats de matériel de peinture, toile, pinceaux, tubes de cou­leurs diverses nommément désignées. Le père alla faire les emplettes conseillées. A son retour, Lulu lui dit avant qu’il ne défasse le paquet : « Tu as oublié le jaune. » Ce n’était pas tout à fait exact, mais le jaune manquait car le marchand n’avait pas pu fournir celui qui était demandé.

 

Elle n’avait pas de dispositions remarquables pour le dessin. A partir de ce jour, elle dessina et peignit quelques toiles dont nous allons parler.

 

Et c’est ensuite une étude minutieuse des dessins et des peintures si curieusement obtenus médium­niquement par Lucienne Marmonnier. Nous nous arrêterons sur l’une des toiles, la peinture que nous reproduisons ici même. Ce tableau, d’une dimension de 75 x 40 cm repré­sente la création du monde.
Le haut symbolise l’Atlantide.
Le centre, à gauche, l’Egypte, à droite, l’Afrique noire.
Le bas, les peuples asiatiques.
Tout en haut, le fond est fait du même bleu. La partie gauche est sortie mate ; la partie droite est sortie brillante. Lorsque Lulu peignit cette partie de la toile, elle se désespérait de ne pouvoir obtenir un ton uniforme sur toute la surface. Elle demanda à son père de lui porter le pinceau plus gros pour pouvoir peindre d’un seul trait. Malgré ses efforts, avec le même tube de couleur, le même coup de pinceau, la peinture ressortait toujours mate d’un côté et brillante de l’autre.

 

Pendant tout le temps qu’elle peignait le petit voi­lier à rames qui est au centre à gauche, le peintre lui récitait un poème ayant trait à la navigation. Elle le répétait mot à mot à sa mère qui était auprès d’elle à ce moment-là.

 

Tout à côté, est peint un oiseau empaillé au plu­mage multicolore ; les Egyptiens l’utilisaient comme ornement domestique à cause des radiations des couleurs.

 

La tête de femme égyptienne n’est pas dans l’axe du tableau ; elle est un peu déportée à droite ; la rai­son que donna le peintre fut celle-ci : l’Egypte s’est un peu écartée de la religion de ses pères.

 

En bas, à gauche, un asiatique faisant sa prière devant un autel où brûle une flamme. Tout à fait à droite, un dragon couvant des œufs : le peintre donna l’explication de ce symbole : la Chine défend sa religion comme la poule défend ses œufs.
D’autres explications ont été oubliées.
Plus loin, nous apprenons que Lulu exécutait la plupart des dessins et tableaux, allongée dans son fauteuil. Elle était dans un état de demi transe, son visage était blanc, comme givré. Lorsqu’elle répétait à sa mère les explications que donnait le peintre ou le dessinateur, elle parlait par phrases courtes.

 

Le dessinateur était un égyptien de l’époque pharaonique. Nous n’avons pas d’autres indications à son sujet.

 

Le peintre était japonais. Il était mieux connu car il fit travailler le médium pendant plus longtemps ; il était peintre dans sa dernière existence et il lui dé­crivait, tout en peignant, les mœurs raffinées de son pays.

 

Quelquefois, lorsqu’elle dessinait, elle voyait se former sur le papier, un trait lumineux blanchâtre, qu’elle n’avait qu’à suivre avec son crayon. Lorsqu’elle peignait des sujets délicats comme les figurines, une espèce de brouillard se faisait devant ses yeux ouverts ; elle ne voyait plus rien et son bras marchait seul. Le brouillard se dissipait dès que le travail délicat était terminé ; elle pouvait alors voir ce qui avait été peint ; ceci certainement pour éviter que son esprit n’intervienne et ne dérange l’exécution.

 

L’œuvre médiumnique de Lulu n’est pas quantita­tivement importante ou extraordinaire par sa fac­ture. Cependant, ses facultés médiumniques eurent, au cours des quelques années de sa mission terres­tre, un développement assez rare qui laisse deviner le degré d’avancement spirituel peu commun de ce médium.

 

Sa mission terrestre prit fin le 18 avril 1940.

 

LES MOULAGES D’ECTOPLASMES REALISES A L’INSTITUT METAPSYCHIQUE INTERNATIONAL

 

Les expériences des moulages de matérialisations émanant des médiums, ne sont plus des légendes. Aksakof, l’éminent chercheur, dans son livre : Animisme et Spiritisme, cite divers cas de moula­ges obtenus par les matérialisations de mains fluidi­ques laissant leurs empreintes dans de la farine ou du mastic, ou de la paraffine. Il cite les premières expériences de ce genre, remontant à 1855 (Banner of light, 1er avril 1897 et aussi celles du 10 août de la même année), ce qui a fait dire au professeur Ri­chet : « Rien ne serait plus démonstratif dans l’histoire des matérialisations que la production des moulages obtenus dans des conditions expéri­men­tales irréprochables, par des formes se matéria­lisant et se dématérialisant ensuite. » Les moulages obte­nus par le Dr Geley avec le médium Kluski ont été présentés comme offrant, au point de vue de l’authenticité démonstrative, les conditions expéri­mentales irréprochables réclamées par le professeur Richet.

 

« Rappelons, nous dit le Dr Geley, en quoi consistent les moulages de paraffine. Un baquet contient de la paraffine fondue flottant sur de l’eau chaude. Il est placé près du médium pendant les séances. L’entité matérialisée est priée de plonger une main, un pied ou même une partie de son vi­sage à plusieurs reprises dans la paraffine. Il se forme presque instantanément un moule exacte­ment appliqué sur le membre. Ce moule durcit ra­pidement à l’air. Puis la partie organique en jeu se dématérialise et abandonne le gant aux expérimen­tateurs. Plus tard, il est loisible de mettre un plâtre dans ce gant, puis de se débarrasser de la paraffine en plongeant le tout dans le l’eau bouillante. Il reste alors un plâtre produisant tous les détails de la par­tie matérialisée. Les expérimentateurs avaient deux contrôleurs. L’un tenant la main droite, l’autre la main gauche de Kluski. Une très faible lumière rouge laissait voir la silhouette toujours immobile du médium. »

 

Le Dr Geley termine le compte rendu des séan­ces avec Kluski, en faisant état de la profonde im­pression qu’a produite le phénomène des moulages de mains.

 

« Ces moulages, dit-il, sont la preuve tangible, sans contestation possible, de la réalisation de ma­térialisations d’organes humains. Ils révèlent tous les détails de la constitution de cet organe, démon­trent qu’il ne s’agit pas là de simulacres fantomati­ques, mais de représentations complètes, ayant les trois dimensions avec squelette, muscles, tendons, jusqu’aux lignes et sillons de la peau ! »

 

Sans aucun doute, les moulages d’organes maté­rialisés sont infiniment plus importants que de sim­ples photographies.

 

Notons également que des matérialisations à for­mes animales ont été obtenues, et le Dr Geley de conclure : « Tout se passe comme si le déclen­che­ment des phénomènes, l’initiative, l’idée di­rectrice primordiale provenaient d’entités au­tonomes et in­dépendantes. » Comme aurait dit un mathémati­cien : CQFD.

 

Léon Denis, dans sa sagesse et sa profonde philo­sophie spirite disait en parlant de l’apparition du Spiritisme :

 

« Ce n’est pas un système nouveau venant s’ajouter à d’autres systèmes, ni un ensemble de théories vaines. C’est un acte solennel du drame de l’évolution humaine qui commence, une révélation qui illumine à la fois les profondeurs du passé et celles de l’avenir, qui fait surgir de la poussière des siècles les croyances endormies, les anime d’une flamme nouvelle et les fait revivre en les complé­tant. C’est un souffle puissant qui descend des es­paces et court sur le monde ; sous son action, tou­tes les grandes vérités se réveillent. Majestueuses, elles émergent de l’obscurité des âges, pour jouer le rôle que la pensée divine leur assigne. Des profon­deurs étoilées, les Esprits descendent par légions sur la Terre. Ce ne sont plus les hommes, ce ne sont plus les sages, les philosophes qui apportent une doctrine nouvelle. Ce sont les génies de l’espace qui viennent parmi nous et soufflent à no­tre pensée les enseignements appelés à régénérer le monde. Ce sont les Esprits de Dieu ! »

 

Depuis plus d’un siècle, le phénomène spirite a été l’objet de fréquentes enquêtes entreprises et di­rigées par des commissions scientifiques compo­sées d’hommes intègres et rigoureux. Allan Kardec affirmait que le Spiritisme et la science se complè­tent l’un l’autre. Ainsi les manifestations du monde spirituel constatées par milliers sur tous les points du globe, ont démontré qu’un monde invisi­ble s’agite autour de nous au sein des espaces, un monde où vivent, à l’état éthérique, ceux qui nous ont précédés sur Terre, qui y ont lutté et souffert et qui continuent par-delà la mort, une seconde hu­manité.

 

C’est ce qui justifie l’aspect secondaire du Spiri­tisme, mais important en tant que témoignage et démonstration de la partie invisible de l’humanité par la faculté médiumnique et ses multiples facettes.

 

Elle est plus éveillée chez certaines personnes dont le destin terrestre accepté par elles avant leur retour sur la Terre, est de servir d’intermédiaires entre les deux mondes : visible et invisible. De cette façon, cela leur permet également d’apporter des enseignements et des consolations aux êtres éprou­vés par des séparations douloureuses ou bien dé­sespérées par un destin sévère. C’est grâce à la fa­culté médiumnique qu’Allan Kardec a été convaincu et a codifié l’enseignement des Esprits. C’est grâce à la médiumnité qu’au cours des siècles, ont été reçues des révélations spirituelles illustrées de phénomènes considérés miraculeux, mais mal interprétés et suivis de pratiques critiquables ou démesurément mystiques. Un public friand et igno­rant adule les médiums dont beaucoup font un usage vénal et honteux dans le commerce de « la bonne aventure » par des publicités de voyances ta­pageuses. Ces médiums sont à plaindre ; nous avons en effet des enseignements sur la réception qui leur est réservée dans le monde de l’humanité invisible où l’argent n’a pas cours et où il est impos­sible de tricher. Substituer à la foi aveugle en une vie future l’inébranlable certitude qui résulte des constatations du phénomène spirite, tel est l’inestimable service rendu par Allan Kardec à notre humanité.

 

Allan Kardec fait œuvre de maître en brisant les vieux moules de la pensée emmurée dans des dog­mes puérils. Il a rénové la psychologie pour lui in­diquer une voie neuve et féconde, afin de la prépa­rer à récolter la plus riche moisson de connaissan­ces nouvelles que l’on ait faite depuis plus de deux mille ans. Gabriel Delanne disait dans une de ses brillantes conférences : « Le Spiritisme est une science sublime qui donne la solution du re­doutable problème de la mort et qui porte dans ses flancs la régénération du genre humain par la certitude ab­solue de ses méthodes. »

 

Il est à l’évidence que l’on trouve rapporté de ci delà dans la presse et dans les émissions de télévi­sion, ce que le Spiritisme peut revendiquer comme parties intégrantes de la doctrine. Ce n’est d’ailleurs pas nouveau, déjà le 2 décembre 1866, l’hebdomadaire très lu Le Siècle, traduisait, concernant Balzac, un sujet si vaste et inexploré, si rebattu, mais toujours neuf : l’Amour, avec plus de science vraie, d’observation sentie, avec tact. Il di­sait notamment que dans une existence antérieure, Balzac avait dû être femme, car cet écrivain abor­dait tous les secrets du cœur qui s’ouvre au contact de la première ivresse ; il les saisit et les fixe jusque dans les nuances les plus fines.

 

Selon Le Siècle, il a fait mieux qu’étudier ses hé­roïnes, on dirait qu’il a ressenti toutes leurs impres­sions, tous leurs frémissements, tous ces jolis chocs, joies ou douleurs, qui se succèdent dans l’âme féminine et l’emplissent aux premiers bour­geons de la floraison d’avril.

 

Ce n’est donc pas la première fois que l’idée des existences antérieures est exprimée largement en dehors du Spiritisme en dépit des sarcasmes dog­matiques ou des sarcasmes tout court. Que l’on en parle sérieusement ou pas, peu importe ! La chose n’en prouve pas moins que les incrédules eux-mê­mes, trouvent dans la pluralité des existences, ne fut-elle admise qu’à titre d’hypothèse, l’explication des aptitudes innées de l’existence actuelle.

 

Cette pensée, jetée à des millions d’êtres par le vent des moyens médiatiques, se popularise en s’infiltrant dans les croyances ; on s’y habitue ; cha­cun y cherche la raison d’être d’une foule de choses incomprises, de ses propres tendances : ici en plai­santant, et là sérieusement ; la mère dont l’enfant est tant soit peu précoce, sourit volontiers à l’idée qu’il a pu être un homme de génie. Dans notre siè­cle raisonneur, tout au moins on le croit tel, on veut se rendre compte de tout ; il répugne au plus grand nombre de voir, dans les bonnes et les mauvaises qualités apportées en naissant, un jeu du hasard ou un caprice de la divinité dans une société où prime le racket, la liberté des mœurs, mêlés à la liberté d’expression, la défense de l’environnement, le tra­vail des mineurs, la sexualité déchaînée jusqu’aux plus bas instincts, etc. La pluralité des existences s’impose comme une certitude en montrant que les existences s’enchaînent et se complètent les unes par les autres.

 

De déduction en déduction, on arrive à trouver dans ce principe fécond, la clé de tous les mystères, de toutes les anomalies apparentes de la vie morale et matérielle, des inégalités sociales, des tares psy­chiques, physiques, des biens et des maux d’ici-bas. Ainsi l’homme en arrive à concevoir, s’il veut bien prendre le temps de la réflexion, pourquoi il est sur la Terre, pourquoi il y est heureux ou malheureux et ce qu’il doit faire pour assurer son bonheur à venir. Si l’on trouve rationnel d’admettre que nous avons déjà vécu sur la Terre, il ne l’est pas moins que nous pouvons y revivre encore. Comme il est évi­dent que ce n’est pas le corps qui revit, ce ne peut être que l’âme. Cette âme a donc conservé son in­dividualité ; elle ne s’est point confondue dans le tout universel ; pour conserver ses aptitudes, il faut qu’elle soit restée elle-même.

 

Le seul principe de la pluralité des existences est, comme on le voit, la négation du matérialisme et du panthéisme. Pour que l’âme puisse accomplir une série d’existences successives dans le même milieu, il faut qu’elle ne se perde point dans les profon­deurs de l’infini ; elle doit rester dans la sphère d’activité terrestre. Voilà donc le monde spirituel qui nous environne, au milieu duquel nous vivons, dans lequel se déverse l’humanité corporelle, comme lui-même se déverse dans celle-ci. Or, ap­peler ces âmes Esprits, et nous voilà en plein Spiri­tisme. Si Balzac a pu être une femme, les femmes peuvent donc s’incarner en homme et, par consé­quent, les hommes s’incarner femmes. Il n’y a donc entre les deux sexes qu’une différence matérielle, accidentelle et temporaire, une différence de vête­ment charnel. Quant à la nature essentielle de l’être, elle est la même. Or, l’égalité de nature et d’origine, la logique conclut à l’égalité des droits so­ciaux. On voit à quelles conséquences conduit le seul principe de la pluralité des existences. Mais dira-t-on peut-être, le Spiritisme admet la présence des Esprits au milieu de nous et leurs rapports avec les vivants, et voilà où est l’absurde.

 

Allan Kardec a parlé dans La Revue Spirite de janvier 1867 d’un abbé curé de l’église St-Vincent de Paul à Paris, le­quel dans un discours faisait l’éloge du saint en di­sant : « L’Esprit de saint Vincent de Paul est ici, je l’affirme, mes frères ; il nous voit et nous entend ; je le sens près de moi qui m’inspire. » Qu’aurait donc dit de plus un spirite ? Si l’Esprit de saint Vin­cent de Paul est dans une assemblée, par quoi est-il attiré, si ce n’est par la pensée sympathique des as­sistants ? C’est ce que dit le Spiritisme. S’il y est, d’autres Esprits peu­vent également s’y trouver : voilà le monde spirituel qui nous entoure. Si ce prêtre a subi son influence, il aurait pu subir celle d’autres Esprits, il était donc médium parlant ; mais s’il parlait, il pouvait tout aussi bien écrire sous cette même inspiration et sans doute il a dû le faire plusieurs fois sans s’en douter ; le voici donc mé­dium écrivain inspiré, in­tuitif. Si on lui avait dit qu’il avait prêché le Spiri­tisme, il se serait probablement défendu de toutes ses forces.

 

Sous quelle apparence l’Esprit de saint Vincent de Paul pouvait-il être dans cette assemblée ? Si ce prêtre ne l’a pas dit, saint Paul le dit : « C’est avec le corps spirituel ou fluidique, le corps incorruptible que revêt l’Esprit après sa désincarnation et auquel le Spiritisme donne le nom de périsprit. Cette substance éthérique est l’un des éléments constitu­tifs de l’organisme humain, démontré par l’expérimentation spirite et soupçonné depuis longtemps. Cette expérimentation n’est pas nou­velle, compte tenu des considérations psychologi­ques qui ont eu pour résultat d’être fixé sur la né­cessité d’admettre, dans la composition de l’individualité humaine, une véritable trinité et de trouver dans ce composé trinaire, un élément d’une nature essentiellement différente des deux autres parties, élément saisissable, plutôt par ses facultés phénoménales que par ses propriétés constitutives ; car la nature d’un être spirituel échappe pour le moment aux moyens d’investigations scientifiques. L’homme est donc un être mixte, un organisme à composition double, à savoir : combinaison d’atomes formant les organes et un élément de la nature matérielle, mais indécomposable, dynamique par essence, en un mot, un fluide impondérable. Maintenant, comme élément caractéristique de l’espèce de l’homo hominis et de son âme : cet être simple, intelligent, libre et volontaire, et des cita­tions et des réflexions qui les accompagnent, mon­tre que l’opinion est bien moins éloignée du concept spirite qu’on pourrait le croire. Que la force des choses et l’irrésistible logique des faits y conduisent par une pente naturelle. Ce n’est donc pas une vaine présomption de dire que l’avenir est à nous, ce qui dément ce qu’un journaliste disait en parlant des spirites : « Hommes et femmes se dis­tinguent par un air de l’autre monde ; la pâleur du teint, l’émancipation de la face, la prophétique rêve­rie des yeux perdus dans une vague océanique, tels sont les signes extérieurs du spirite. » ! D’autres, aux Etats-Unis ont achevé les portraits en écrivant : « Ajoutez que, contrairement à l’usage général, les femmes ont les cheveux coupés ras, tandis que les hommes portent une chevelure plantureuse, absa­lonique, a tous crins, descendant aux épaules. Il faut bien, quand on fait commerce avec les Esprits, se distinguer du commun des mortels, de la vile mul­titude. » : On aurait tort de se fâcher contre de tels adversaires, prétendant avoir le monopole du bon sens et de la vérité. Ce qui est aussi amusant pour eux en traçant de tels singuliers portraits des spiri­tes, c’est de les voir gémir douloureusement sur ces pauvres cervelles humaines qui ne font aucun pas de côté de la raison et de la vérité, parce qu’elles veulent à toute force avoir une âme et croire à l’autre monde, malgré les frais d’éloquence des in­crédules pour prouver qu’il n’y en a pas, pour le bonheur de l’humanité.

 

Ces facéties, ces mensonges, ces images grotes­ques, plus stupides que dangereuses et qu’il serait puéril de prendre au sérieux, ont leur côté instructif et c’est pour cela que nous avons cité quelques exemples les plus contestables.

 

Le Spiritisme a toujours dû subir l’assaut de ceux qui cherchaient à le combattre par des arguments, mauvais sans aucun doute, puisqu’ils n’ont convaincu que peu de monde, cependant que sous d’autres instances, on essaie toujours de discuter la chose, bien ou mal. Des hommes d’une valeur ré­elle, orateurs, écrivains, religieux, pour le combat­tre, ont fouillé l’arsenal des objections. Quel en est le résultat ? Leurs livres d’hier sont tombés dans les oubliettes du temps, voilà un fait. Aujourd’hui, il y a encore quelques railleurs et de médiocres oppo­sants, de la force de ceux que nous venons de citer, peu soucieux de la valeur de leurs arguments, pour qui dire le contraire et rire de tout, est un besoin. Mais on ne discute plus de la véracité d’un monde spirituel réel actif, éternellement présent par ses manifestations tangibles.

 

Devant ces preuves irréfutables, la polémique ad­verse a épuisé ses munitions. Nos adversaires à qui nous pardonnons volontiers leur hargne à nous combattre, se contentent la plupart du temps de gémir sur l’ouverture de l’ordre divin en toute li­berté. Ils pensent être une calamité, comme on gé­mit d’une inondation que l’on ne peut arrêter, mais les armes offensives pour combattre la doctrine spi­rite restent figées, obsolètes, et si l’on n’a point en­core trouvé l’arme fatale pour l’abattre, ce n’est pas faute d’avoir cherché. Somme toute, si lors qu’on le frappe le Spiritisme ne crie pas, c’est que l’on frappe à côté, et alors les agresseurs se retrouvent dans le vide et n’ont aucune autre prise. S’il n’est pas ébranlé par toutes les manœuvres frauduleuses à son égard, c’est que l’on s’escrime à le combattre précisément ce qu’il désavoue, et encore s’il n’est pas plus ébranlé par les démonstrations de tout acabit, c’est que l’on est encore à côté de la ques­tion. A vouloir être tricheur et malhonnête à son égard, par les abus qu’on engendre ainsi, on fortifie la vraie religion en en stigmatisant les abus. Ceux, par conséquent, qui vivent d’abus et de mensonges, peuvent seuls se plaindre, en Spiritisme comme en religion. Enfin, contradiction plus étrange ! Ceux qui prêchent l’égalité sociale, voient sous l’empire du concept spirite, les préjugés de castes s’effacer, les rangs extrêmes se rapprocher, le grand et le petit se tendre une main fraternelle et ils en rient ! En vérité, en lisant cela on se demande de quel côté est l’aberration !

 

CONCLUSION

 

Gabriel Delanne indique dans son livre Le Phé­nomène spi­rite :
« Nous avons été à même de constater que toutes les théories ayant pour but d’expliquer le phéno­mène spirite pour d’autres causes que celle des Esprits, ont été manifestement reconnues fausses ou insigni­fiantes. Nous pouvons donc affirmer au­jourd’hui que l’immortalité de l’âme est rigoureusement dé­montrée.

 

« Il résulte aussi que le Spiritisme est, avant tout, une science expérimentale ; il ne s’est pas constitué tout d’une pièce sur des idées a priori ; il n’est pas l’œuvre d’un homme ou d’une secte : il est directe­ment le produit de l’observation ; la certitude de l’immortalité de l’être pensant se dégage radieuse de l’étude des faits. Il est prouvé que le moi conscient survit à la mort, que ce qui constitue vraiment l’homme n’est pas atteint par la désagré­gation du corps et que, par-delà le tombeau, l’individualité hu­maine persiste dans son intégralité.

 

« C’est par ce moi conscient qu’il acquiert, par sa volonté, tou­tes les vertus et toutes les sciences qui lui sont indispensables pour s’élever sur l’échelle des êtres. La création n’est pas bornée à la faible partie que nos instruments nous permettent de dé­couvrir : elle est infinie dans son immensité. Loin de nous considérer comme les habitants exclusifs de notre petit globe, le Spiritisme démontre que nous devons être les citoyens de l’univers. Nous allons du simple au composé. Partis de l’état le plus rudimentaire, nous nous sommes petit à petit élevés à la di­gnité d’êtres responsables, chaque connais­sance nouvelle que nous fixons en nous, nous fait entrevoir des horizons plus vas­tes, nous fait goûter un bonheur parfait. Loin de placer notre idéal dans une béate et éternelle oisiveté, nous croyons, au contraire, que la suprême félicité consiste dans l’activité inces­sante de l’esprit, dans la science de plus en plus grande et dans l’amour qui se déve­loppe pour nos frères, à mesure que nous gravis­sons la route ardue du progrès. On comprend que ces idées nous obligent à admettre la pluralité des existences et la négation complète d’un paradis cir­conscrit ou d’un enfer quel qu’il soit. Lorsque l’on songe à la possibilité de vivre un grand nombre de fois sur la Terre avec des corps humains différents, cette idée semble tout d’abord bizarre, mais lorsqu’on réfléchit à la somme énorme d’acquis in­tellectuels que nous devons pos­séder pour habiter l’Europe, à la distance qui nous sépare, le sauvage de l’homme civilisé, à la lenteur avec laquelle on ac­quiert une habitude, on voit se dessiner l’évolution des êtres et l’on conçoit les vies successives comme une nécessité absolue qui s’impose à l’esprit aussi bien pour gagner le savoir que pour ra­cheter les fautes que l’on a pu commettre antérieurement. La vie de l’âme envisagée sous ce point de vue, dé­montre que le mal n’existe pas ou plutôt qu’il est créé par nous et qu’il résulte de notre ignorance. Il existe des lois éternelles que nous ne devons pas transgresser, mais si nous ne nous y conformons pas, nous avons éternellement la faculté d’effacer par de nouveaux efforts les fautes et les crimes que nous avons commis. C’est par les avatars sans nombre que nous devons tous passer afin de par­venir au bonheur qui est l’apanage futur de tous les êtres vivants.

 

« Notre philosophie rehausse le cœur ; elle consi­dère les mal­heureux, les déshérités de ce monde comme des frères auxquels on doit l’appui d’une main secourable. C’est en nous plaçant à ce point de vue que nous croyons qu’une simple question de temps sépare les sauvages les plus abrutis de l’homme de génie de nos nations civilisées.

 

« Dans le domaine moral, il en est encore de même et des monstres tels que les Néron et les Caligula (ajoutons Attila, Hi­tler, Mao et tant d’autres du même acabit) peuvent et doivent dans l’avenir, s’élever au degré sublime d’un Vincent de Paul.

 

« L’égoïsme est entièrement détruit par le Spiri­tisme. Cette doctrine proclame que nul ne peut être heureux s’il n’a aimé ses frères et s’il ne les a aidés à progresser moralement et intellectuellement. Dans la lente évolution des existences, nous pouvons être à diverses reprises et réciproquement : père, mère, époux, fils, frères, etc. Et les affections si différen­tes que font naître ces positions diverses cimentent dans le cœur les liens si puissants de l’amour. C’est par l’aide mutuelle que nous nous prêtons tous, que nous pouvons acquérir les vertus nécessaires à no­tre avancement spirituel. Aucune philosophie ne s’est élevée à une plus haute conception de la vie universelle, aucune n’a prêché une morale plus pure ; c’est pourquoi nous nous présentons hardi­ment au monde, appuyés sur les bases inébranlables de la certitude scientifique.

 

« Le Spiritisme est une science progressive ; elle se base sur la révélation des Esprits et sur l’analyse minutieuse des faits. Nous n’avons ni dogmes, ni points de doctrine inébranlables ; en dehors de la communication des vivants et des morts et de la réincarnation, qui sont absolument démontrées, nous admettons toutes les théories rationnelles qui se rattachent à l’origine de l’âme et à son avenir. En un mot, nous sommes des positivistes spirituels, ce qui nous donne une supériorité incontestable sur les autres philosophies, dont les adeptes sont ren­fermés dans d’étroites limites.

 

« Telle est dans ses grandes lignes, cette philosophie que l’on a cherché à avilir par le mensonge et la calomnie. On conçoit que nos idées et notre ma­nière de voir nous placent fort au-dessus des criti­ques vulgaires et que nous faisons bon marché des anathèmes lancés contre nous par les ignorants ; mais il est bon de protéger nos idées, afin que le soleil de la justice se lève sur nous et permette aux penseurs d’apprécier dans toute sa grandeur cette noble doctrine. »

 

Vedas : livre sacré des Hindous qui signifie Science, Révélation, Savoir. Les Vedas sont re­présentés par 4 livres : rig-véda, Sâma-Véda, Yadjour-Véda, Atharva-Véda.

 

Prières effectuées pendant neuf jours.

 

C’est à cette époque que Maria Munoz indiqua à R… que cette mission terrestre de Lulu serait courte et qu’elle ne dépasserait pas la vingtaine d’années.

 

D’après le Larousse : Méhémet A li,vice-roi d’Egypte, né à Kavala, mort au Caire (1769-1849). Souverain actif et intelligent, il fortifia son pouvoir dès 1811 en massacrant les mameluks au Caire, puis assura la tranquillité de l’Egypte et se constitua une solide puissance militaire, tout en réformant l’agriculture et l’industrie. Il aida la Turquie dans sa tentative pour réprimer l’insurrection grecque ; puis il se souleva contre le sultan, avec l’aide de son fils Ibrahim, qui remporta en 1839 la victoire de Nézib. Le sultan le reconnut en 1841, comme pacha héréditaire.

 

Le frère B. savait par une autre source qu’il avait été Arabe dans une existen

Publié dans Phénomène Spirite

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