La Revue Spirite

Publié le par Union Spirite Française et Francophone

 

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Les 150 ans de La Revue Spirite

 

La Revue Spirite commence la cent-cinquantième année de son existence. Depuis 1858 elle est sur la brèche et défend la cause avec la même ardeur.

Que sont devenues les prédictions fantaisistes qui saluèrent son apparition, la plupart malveillantes et méchantes ?

L'insensé qui signait ce périodique, disait-on, avait donc bien étudié ce que peut la sottise humaine pour s'aventurer de la sorte ?

Ou bien n'était-ce qu'un détraqué, un chercheur d'aventures, l'un de ces hommes qui lancent une idée pour chercher fortune, prêts à la modifier, à la rejeter si le résultat entrevu est fictif ?

Ce fut un tollé général dans la presse, dans les chaires d'éloquence sacrée, dans celles du professorat.

Dès sa parution, seul un journal Le Siècle qui alors faisait autorité, fit une sage et judicieuse critique du Livre des Esprits, de sa morale supérieure, de l'enseignement logique des idées qu'il exposait ; il approuvait la création d'une revue spirite pour défendre une doctrine en accord avec le bon sens et la raison.

Le journaliste qui écrivait ces lignes élogieuses s'appelait Louis Jourdan, c'était un écrivain de race, un philosophe sérieux, instruit, estimé, qui méprisait les banalités courantes et voulait que Le Siècle fût un journal respectable et respecté ; il fut juste dans ses appréciations.

Plus tard, quelques journalistes influents devenus spirites, défendirent en toutes occasions ce qui leur paraissait être la vérité, ils le firent avec énergie et conviction.

Allan Kardec avait galvanisé ses créations ; ce qu'il croyait lui-même impossible en 1855 s'était réalisé et avant sa mort, fin mars 1869, la doctrine qu'il avait présentée et défendue avec tant de vaillance, était connue et préconisée par des traductions en toutes langues.

Des revues belges, italiennes, portugaises, allemandes, autrichiennes, hollandaises, brésiliennes, américaines suivaient le courant et estimaient que le Spiritisme devait être présenté comme la doctrine par excellence de solidarité entre les hommes et de responsabilité individuelle.

Nous sommes en 2008 et les éditions des livres fondamentaux ont dépassé la cinquantaine ; plus de cent journaux représentent le mouvement spirite dans le monde.

Des brochures, des volumes, par centaines livrés à la publicité, enseignent l'immortalité de l'âme, la pluralité des existences, les rapports entre les vivants et les morts.

La Revue Spirite perpétue avec vaillance, malgré une période d'interruption de douze ans, la ferme volonté de fêter encore longtemps ses anniversaires.

La Revue Spirite demeure et sera toujours jeune, voici pourquoi :

Allan Kardec lui a vivement et sagement recommandé d'être toujours en accord avec les vérités d'où qu'elles viennent. Il lui a dit de respecter tout le bien-fondé des opinions si elles ne sont pas de parti pris, pour tout ce qui touche à la philosophie, à la science, à la morale, d'accepter ce qui est pratique, rationnel, nécessaire au mouvement en avant de notre cause.

Allan Kardec a pratiqué le pardon des injures et fui comme la peste les attaques personnelles.

« Je me diminuerais, disait-il, je perdrais mon sang-froid si j'attachais trop d'importance à des bagatelles de la sorte. »

Il ajoutait : « J'y perdrais le meilleur de mon temps et la vie est chose importante et sacrée ; les spirites ne le seront réellement qu'au jour où avec énergie, ils écarteront sans pitié la calomnie et les sots propos. Jusque-là, ils dépenseront leur existence en agitations futiles et stériles. »

La Revue Spirite suit ces avis judicieux, c'est son élixir de longue vie. Certains journalistes essaient de nos jours, d'enterrer le Spiritisme deux fois par semaine, il est regrettable également que certains chercheurs, aidés en cela par des parapsychologues scientistes ou excités de parascience, s'évertuent à faire cette preuve que le Spiritisme se meurt ; eux seuls auraient le droit de vivre. Ars longa, vita brevis (L’art est long, la vie est courte - Hippocrate)

Un loyal adversaire sait s'instruire et non invectiver ; toute leçon est bonne venant de qui sait la donner avec science et sagesse, et c'est justice que de l'accepter. L'homme, étudiant éternel, piétine sur place s'il fuit la vérité. Le progrès est sa loi.

Frapper l'adversaire en se servant du ridicule ce n'est point prouver, mais se diminuer en oubliant que le journal, la revue, le livre sont l'alma parens (Mère nourricière). Les sages de l'Antiquité ne détruisaient pas, ils bâtissaient en se servant des matériaux des anciens ; ils étaient des créateurs vénérables.

Allan Kardec a fait de même, de concert avec d'autres chercheurs estimables qui méritent toute notre reconnaissance ; saluons ces hommes de bonne volonté, avec respect, avec la mémoire du cœur.

C'est le vœu bien sympathique que nous adressons à tous ceux qui s'occupent de Spiritisme et d'immortalité.

La génération nouvelle sera plus instruite que la précédente, parce qu'elle sera mieux préparée sur le terrain de l'investigation suivie avec l'esprit de justice immanente dans les choses.

La Revue Spirite enregistre et enregistrera chaque découverte dans cet ordre d'idées, sa raison, c'est la connaissance au service des hommes.

Allan Kardec a écrit : « La tolérance, conséquence de la charité qui est la base de la morale spirite me fait le devoir de respecter toutes les croyances. Ne jetant la pierre à personne, je ne donnerai aucun prétexte à représailles notamment, aux dissidents de la Révélation Spirite. Je leur laisse toute la responsabilité de leurs actes et de leurs paroles. Si j'ai raison les autres finiront par penser comme moi ; si j'ai tort je finirai par penser comme les autres. Notre philosophie se veut libre, fille de l'observation et du bon sens, elle exige de qui l'estime, beaucoup d'études, de discussions, de méditations et la nécessité pour l'adepte d'être au niveau de toutes les connaissances utiles. »

Victor Hugo disait : « Acceptons ce que nous donnent en nous quittant les hommes illustres et tournés vers l’avenir, saluons sereins et pensifs, les grandes arrivées que nous annoncent ces grands départs. »

 

HISTORIQUE DE LA REVUE SPIRITE

 

C’est à partir de 1858 que sur la seule initiative d’Allan Kardec parut pour la première fois La Revue Spirite. C’est le journal le plus ancien qui a contribué le plus à la diffusion de la Doctrine Spirite en tant que Révélation.

La liste de ceux qui ont amené leur concours à l’œuvre du missionné que fut Allan Kardec, serait longue, je citerai les plus remarquables :

Paul Bodier, Gabriel Gobron, Georges Dejean, Dr Humbert Torres, Dr Maurice Delarrey, Gaston Luce, Dr Raoul Montandon, Jean-G.L. Leymarie, Labadie, Andry-Bourgeois, Georges Mélusson, Laurent du Faget, E. Saint Cène, E. Gauthier, Camille Flammarion, Léon Chevreuil, Ernest Bozzano, Henri Azam, Jules Gaillard, Dr Maxuel, André Ripert, Gaston Luce et notamment Hubert Forestier et Jean Meyer, Gabriel Delanne, Léon Denis et Emile Moreau.

Il faut bien s’imprégner du fait que l’idée de publier La Revue Spirite avait reçu du monde spirituel, un accord absolu. Une réponse magistrale fut donnée à Allan Kardec par ces paroles : « Agis avec ou sans concours ; ne t’inquiète pas. » Allan Kardec nous dit dans les Œuvres Posthumes : « Je me hâtais de rédiger le 1er numéro et je le fis paraître le 1er janvier 1858 sans en avoir rien dit à personne… Je le fis donc à mes risques et périls, et n’eus pas lieu de m’en repentir, car le succès dépassa mon attente. »

La parution magistrale de La Revue Spirite doit être pour tous les spirites la pierre angulaire de l’évolution humaine et donc pour tout un chacun, l’occasion d’en saisir l’immense portée ; notamment durant la première période précitée, dans la question n° 1 concernant une dizaine d’années dont Kardec en avait pris conscience par une communication reçue le 24 janvier 1860 pour terminer ses travaux en dépit de ceux qui cherchèrent à détruire sa mission. Il avait la certitude que le Spiritisme serait appelé à jouer un rôle immense sur notre planète, en ramenant  la véracité sur la mission de Jésus en éteignant l’athéisme et le matérialisme et tout cela en dépit de l’autodafé  de Barcelone, le 21 septembre 1861 où furent brûlés Le Livre des Esprits, Le Livre des Médiums et des collections de La Revue Spirite, soit un total de 300 livres et divers ouvrages spirites. Ce fait servit de retentissement qui eut un résultat stupéfiant et positif qui donna une impulsion positive en faisant progresser le Spiritisme en Espagne et dans le monde (Voir La Revue Spirite de novembre 1861, page 321).

Des communications émanant du monde spirituel (16 août et 9 septembre 1867 et 23 février et 4 juillet 1868) se résumaient à ceci : « Tenez-vous prêt à tout… Il faut donc dans la fin de l’année prochaine, mettre la main à la première partie de l’œuvre spirite… »

Ainsi se construisit le projet de 1868 sur la nécessité d’une base solide et d’une unité doctrinale positive et organisée. Kardec insista sur les défauts d’unité qui pourraient entraver la propagation de la doctrine.

La Revue Spirite de 1868 renvoyait à la page 193 ; il est donc intéressant de situer dans un contexte historique et dans leur atmosphère sociale les projets de structuration du mouvement spirite préconisés par Allan Kardec et ses propos sur le caractère réformateur et mondialiste du Spiritisme.

Il souligne judicieusement le caractère progressif du Spiritisme en s’assimilant toutes les idées reconnues justes, sachant que tôt ou tard, le bien l’importe sur le mal et le vrai sur le faux. Voilà la seule lutte qu’il engagera. Que les hommes se contentent d’être assistés et protégés par les bons Esprits, mais qu’ils ne se déchargent pas sur eux de la responsabilité qui incombe au rôle d’incarné.

Les spirites français, comme tous les spirites du monde rassemblés au sein du Conseil Spirite International, sont placés devant une responsabilité dont la marche des événements reste proportionnée aux connaissances des lois morales et de la conscience des responsabilités rappelées par Léon Denis. Ils doivent tout d’abord s’appliquer à être dignes, dans leurs pensées et dans leurs actes de tous les instants, des grands principes qui constituent la doctrine des Esprits et auxquels il faut apporter une adhésion volontaire.

« La Revue Spirite, disait Hubert Forestier qui fut directeur de sa publication, est cette fille de la pensée d’Allan Kardec » qui, aujourd’hui, en coopération très forte avec le Conseil Spirite International, marque la présence spirite en France et dans le monde en plusieurs langues ; elle est imprimée au Brésil qui a toujours tendu la main à l’Union Spirite Française et Francophone.

Paul Bodier, illustre spirite français du siècle dernier disait : « Nous formons le vœu bien sincère pour que la publication de La Revue Spirite soit diffusée non seulement en France, mais dans le monde terrestre, parce que sous mille formes, l’invisible pénètre les sensitifs et s’impose afin qu’ils puissent suivre avec facilité le noble sentier tracé par leurs puissants aînés retournés dans l’au-delà. »

 

L’Union Spirite Française et Francophone a repris ses droits de cité en 1985 avec la réapparition de La Revue Spirite après douze années d’interruption. Louis Serré et moi-même avons mené ce dur combat aidés en cela par des communications émanant de l’au-delà, par une entité se dénommant Le frère du travail (1) lequel nous révéla certains points administratifs en notre faveur dès le commencement de la procédure du procès.

 

Quels ont été les efforts employés par l’USFF pour maintenir La Revue Spirite ?

Nous avons été confrontés, en dépit du dévouement des sœurs et des frères du Centre Spirite de Tours, à des problèmes techniques et financiers pour l’édition de La Revue Spirite qui était pour cette petite équipe, un devoir sacré à accomplir. Cette angoisse permanente de pouvoir maintenir l’édition de La Revue Spirite fut calmée à partir d’un événement attendu, mais inconnu, qui se produisit lors de la visite à Tours des très estimés frères Nestor Masotti et Paolo Roberto da Costa le 1er novembre 1990. Ainsi l’aide pour l’extension et la permanence d’une édition solide de La Revue Spirite nous venait de la Fédération Spirite Brésilienne bien avant la création du Conseil Spirite International en 1991.

 

Le partenariat sauveteur entre l’USFF et le Conseil Spirite International pour l’édition de La Revue Spirite

Le partenariat existe sous une forme tacite sur l’honneur et la fraternité, sous l’aile protectrice du monde spirite (tel est mon sentiment profond et inébranlable). Néanmoins, il devra être dans le plus proche avenir propice et constructif par des accords bilatéraux juridiques entre le Conseil Spirite International et l’Union Spirite Française et Francophone pour le présent comme pour l’avenir, afin d’éviter des intrusions contestataires de troubles émanant de certaines personnes irresponsables, sans aucune perspectives d’avenir concernant La Revue Spirite offerte par Kardec au monde entier, à preuve l’extension inattendue de cette dernière en plusieurs langues. Qui aurait pu imaginer un fait pareil ? Sinon le monde spirituel et des êtres incarnés de bonne volonté fondateurs du Conseil Spirite International. Disons aussi que beaucoup d’Esprits désincarnés nous ont fortement assurés de leur protection sur la pérennité de la Revue Spirite.

 

L’avenir de La Revue Spirite en collaboration étroite avec le Conseil Spirite International

Cette question entre dans le droit fil de nos missions Quant à ma proposition elle ne change pas, à savoir que sans le Conseil Spirite International, il ne peut y avoir aucun avenir pour La Revue Spirite et je ne suis pas le seul à l’admettre, autrement dit une majorité. Or, le sens de cet avenir est aussi tout tracé et il n’y en a pas d’autres. L’extension mondiale de La Revue Spirite est un devoir sacré et cela ne peut se faire que dans la même trajectoire prise actuellement par le truchement du Conseil Spirite International et de l’Union Spirite Française et Francophone. A l’échéance juridique de la Protection Industrielle en France, tout sera réglé par une obligatoire assemblée générale au sein de l’Union Spirite Française et Francophone et des positions officielles du Conseil Spirite International pour la sauvegarde et la pérennité  de La Revue Spirite ; ce qui ne provoque aucun doute de ma part ni encore bien moins du monde spirituel qui n’a jamais cessé de nous inspirer les bonnes résolutions. C’est là ma certitude et mon motif de combat pour l’intérêt de l’extension mondiale du Spiritisme par le truchement de La Revue Spirite, patrimoine de tous les spirites du monde. Personnellement je remercie le ciel de nous avoir donné cette opportunité d’honorer ensemble le Conseil Spirite International et l’Union Spirite Française et Francophone, la sainteté de la doctrine révélée grâce à notre vénéré maître Allan Kardec que nous ne saurions trahir. L’union fait la force, cette force est de notre côté et c’est en cela que nous dissoudrons nos angoisses et nos doutes, car notre doctrine nous tend la main en nous disant : « Frère, voici ton chemin. » Ce chemin nous l’avons dans nos consciences, inutile donc d’aller plus loin… Nous avons raison, rien ne saurait entraver désormais la diffusion généralisée de La Revue Spirite à travers la planète Terre. Les être incarnés sont là désignés pour accomplir ce travail sans aucun doute possible. Allan Kardec nous a fait la leçon, rien ne saurait nous en détourner.

 

Il nous a été demandé de ne rien révéler quant à son identité. Ce que je puis dire, c’est qu’il s’agit d’un grand nom de l’église catholique. Avec sa permission, je souhaiterai dire qui il est, on ne saurait l’imaginer, comme quoi, les conversions au Spiritisme se réalisent aussi dans l’au-delà. Rappelant Shakespeare quand il disait : « La vérité a un cœur tranquille. »

Afin de bien mémoriser les 150 ans de l’œuvre magistrale de notre vénéré maître Allan Kardec et particulièrement son inspiration historique concernant la naissance de La Revue Spirite, rappelons les faits et le succès inattendus dès sa parution en janvier 1858 sous le titre intégral « Revue Spirite, journal d’études psychologiques publié sous la direction de M. Allan Kardec. »

« Notre œuvre serait donc incomplète et stérile si nous restions dans les étroites limites d’une revue anecdotique dont l’intérêt serait bien vite épuisé. On nous contestera peut-être la qualification de science que nous donnons au Spiritisme. Il ne saurait sans doute avoir les caractères d’une science exacte, et c’est précisément là le tort de ceux qui prétendent le juger et l’expérimenter comme une analyse chimique ou un problème mathématique : c’est déjà beaucoup qu’il ait celui d’une science philosophique. Toute science doit être basée sur des faits ; mais les faits seuls ne constituent pas la science ; la science naît de la coordination et de la déduction logique des faits ; c’est l’ensemble des lois qui les régissent. Le Spiritisme est-il arrivé à l’état de science ? Si l’on entend une science parfait, il serait sans doute prématuré de répondre affirmativement ; mais les observations sont dès aujourd’hui assez nombreuses pour pouvoir en déduire au moins des principes généraux et c’est là que commence la science. L’appréciation raisonnée des faits et des conséquences qui en découlent, est donc un complément sans lequel notre publication serait d’une médiocre utilité et n’offrirait qu’un intérêt très secondaire.

« La conséquence capitale qui ressort de ces problèmes est la communication que les hommes peuvent établir avec les êtres du monde incorporel et la connaissance qu’ils peuvent, dans certaines limites, acquérir sur leur état futur. Le fait des communications avec le monde invisible se trouve en termes sans équivoques dans les récits bibliques ; mais d’un côté, pour certains sceptiques, la Bible n’est point une autorité suffisante ; de l’autre, pour les croyants, ce sont des faits naturels suscités par une faveur spéciale de la Divinité, ce sont des faits surnaturels suscités par une faveur spéciale de la Divinité ; Ce ne serait donc point là, pour tout le monde, une preuve de la généralité de ces manifestations, si nous les trouvions à mille autres sources différentes. L’existence des Esprits et leur intervention dans le monde corporel, est attestée et démontrée, non plus comme un fait exceptionnel, mais comme principe général dans saint Augustin, saint Jérôme, saint Chrysostome, saint Grégoire de Nazianze et beaucoup d’autres pères de l’Eglise. Cette croyance forme en outre la base de tous les systèmes religieux. Les plus savants philosophes de l’Antiquité l’ont admise : Platon, Zoroastre, Confucius, Apulée, Pythagore, Apollonius de Tyane et tant d’autres. Nous la trouvons dans les mystères et les Oracles, chez les Grecs, les Egyptiens, les Indiens, les Chaldéens, les Romains, les Perses, les Chinois. Nous la voyons survivre à toutes les vicissitudes des peuples, à toutes les persécutions, braver toutes les révolutions physiques et morales de l’humanité. » Il soulignera aussi dans cette première parution de La Revue Spirite ceci : « L’histoire de la Doctrine Spirite est en quelque sorte celle de l’esprit humain ; nous aurons à l’étudier à toutes ses sources qui nous fournirons une mine inépuisable d’observations aussi instructives qu’intéressantes sur des faits généralement peu connus. Cette partie nous donnera l’occasion d’expliquer l’origine d’une foule de légendes et de croyances populaires, en faisant la part de la vérité, de l’allégorie et de la superstition. »

Mais arrive à ce stade de la mise en chantier de La Revue Spirite, son commencement qui remonte au 15 novembre 1857 où notre vénéré maître éprouve de sentiment de publier un journal spirite et c’est au cours d’une réunion spirite que réunis chez les Dufaux, avec la médium Hermance Dufaux, que Kardec pose une question à l’Esprit qui se communiquait. Il lui dit : « J’ai l’intention de publier un journal spirite. Pensez-vous que je parvienne à le faire ? Et me le conseillez-vous ? La personne à laquelle je me suis adressé, M. Tiedeman, ne paraît pas décidé à donner son concours pécuniaire. » L’Esprit lui répond : - Oui, tu y parviendras avec de la persévérance. L’idée est bonne. Il faut la mûrir davantage.

Je crains que d’autres me devancent, répondit Kardec.

La réponse  fut :

Il faut se dépêcher.

Je ne demande pas mieux, mais le temps manque, j’ai deux emplois qui me sont nécessaires, vous le savez ; je voudrais pouvoir y renoncer afin de me consacrer tout entier à la chose, sans préoccupation étrangère.

Il ne faut rien abandonner pour le moment, on trouve toujours du temps pour tout ; remue-toi et u parviendras.

Dois-je agir sans le concours de M. Tiedeman.

Agis avec ou sans son concours ; ne t’inquiète pas de lui : Tu peux t’en passer.

J’avais l’intention de faire un premier numéro d’essai, afin de poser le journal et de prendre date, sauf à continuer plus tard, s’il y a lieu, qu’en pensez-vous ?

L’idée est bonne, mais un premier numéro ne suffira pas ; cependant il est utile et même nécessaire en ce qu’il ouvrira la voie au reste. Il faudra y apporter beaucoup de soin, de manière à jeter les bases d’un succès durable ; s’il est défectueux, mieux vaudrait rien, car la première impression peut décider de son avenir. Il faut s’attacher, en commençant surtout à satisfaire la curiosité ; il doit renfermer à la fois le sérieux et l’agréable ; le sérieux qui attachera les hommes de science et l’agréable qui assumera le vulgaire ; cette partie est essentielle, mais l’autre est plus importante, car sans elle le journal n’aurait pas de fondement solide. En un mot, il faut éviter la monotonie par la variété, réunir l’instruction solide à l’intérêt, et ce sera pour tes travaux ultérieurs un puissant auxiliaire.

« On ne saurait donc contester, dira-t-il, l’utilité dans la première parution de l’utilité d’un organe spécial dès janvier 1858 qui tienne le public au courant du progrès de cette science nouvelle et le prémunisse contre l’exagération de la crédulité aussi bien que contre celle du scepticisme. C’est cette lacune que nous nous proposons de remplir par la publication de cette revue dans le but d’offrir un moyen de communication à tous ceux qui comprennent la doctrine spirite sous son véritable aspect moral : La pratique du bien et de la charité évangélique à l’égard de tout le monde. » Il ajouta : « Ce qu’il faut à l’homme qui réfléchit, c’est quelque chose qui parle à son intelligence. » Il nous dit par une humble remarque : « Je me hâtai de rédiger le 1er numéro et je le fis paraître le 1er janvier 1858, sans en avoir rien dit à personne. Je n’avais pas un seul abonné, et aucun bailleur de fonds. Je le fis donc entièrement à mes risques et périls, et n’eus pas lieu de m’en repentir, car le succès dépassa mon attente. A partir du 1er janvier, les numéros de succédèrent sans interruption, et comme l’avait prévu l’Esprit, ce journal devint pour moi un puissant auxiliaire. Je reconnus plus tard qu’il était heureux pour moi de n’avoir pas eu de bailleur de fonds, car j’étais plus libre, tandis qu’un étranger aurait pu vouloir m’imposer ses idées et sa volonté et entraver ma marche ; seul, je n’avais de compte à rendre à personne, quelque lourde que fut ma tâche comme travail. »

Kardec a ouvert la dimension scientifique et philosophique par ses observations personnelles sans dissimuler ni les difficultés de la tâche, ni parfois les insuffisances pour ce qui relève des points suivants, à savoir :

 

1° Manifestations matérielles ou intelligentes obtenues dans les réunions auxquelles ils sont à même d'assister ;

2° Faits de lucidité somnambulique et d'extase ;

3° Faits de seconde vue, prévisions, pressentiments, etc. ;

4° Faits relatifs au pouvoir occulte attribué, à tort ou à raison, à certains individus ;

5° Légendes et croyances populaires ;

6° Faits de visions et apparitions ;

7° Phénomènes psychologiques particuliers qui s'accomplissent quelquefois à l'instant de la mort ;

8° Problèmes moraux et psychologiques à résoudre ;

9° Faits moraux, actes remarquables de dévouement et d'abnégation dont il peut être utile de propager l'exemple ;

10° Indication d'ouvrages anciens ou modernes, français ou étrangers, où se trouvent des faits relatifs à la manifestation des intelligences occultes, avec la désignation et, s'il se peut, la citation des passages. Il en est de même en ce qui concerne l'opinion émise sur l'existence des Esprits et leurs rapports avec les hommes par les auteurs anciens ou modernes dont le nom et le savoir peuvent faire autorité.

Le langage de ce maître est clair et à la portée de tous, grâce à ces dons de pédagogue en ces termes :

« La doctrine spirite nous offre enfin la seule solution possible et rationnelle d’une foule de phénomènes moraux et anthropologiques dont nous sommes journellement témoins et dont on chercherait vraiment l’explication dans toutes les doctrines connues. Nous rangerons dans cette catégorie, par exemple, la simultanéité des pensées, l’anomalie de certains caractères, les sympathies et les antipathies, les connaissances intuitives, les aptitudes, les propensions, les destinées qui semblent empreintes de fatalité, et dans un cadre plus général, le caractère distinctif des peuples, leur progrès ou leur dégénérescence, etc.

A la citation des faits nous ajouterons la recherche des causes qui ont pu les produire. De l’appréciation des actes, il ressortira naturellement d’utiles enseignements sur la ligne de conduite la plus conforme à la saine morale. Dans leurs instructions, les Esprits supérieurs ont toujours pour but d’exciter chez les hommes l’amour du bien par la pratique des préceptes évangéliques ; ils nous tracent par cela même la pensée qui doit préciser à la rédaction de ce recueil. Notre cadre on le voit, comprend tout ce qui se rattache à la connaissance de la partie métaphysique de l’homme ; nous l’étudierons dans son état présent et dans son état futur, dans les différentes natures de manifestations. Il écrit dans la première parution de La Revue Spirite sur ces sujets : « Les Esprits attestent leur présence de diverses manières selon leur aptitude, leur volonté et leur plus ou moins grand degré d’élévation. Tous les phénomènes dont nous aurons occasion de nous occuper, se rapportent naturellement à l’un ou à l’autre de ces modes de communication. Nous croyons donc devoir, pour faciliter l’intelligence des faits, ouvrir la série de nos acticles par le tableau des différentes natures des manifestations. On peut les résumer ainsi dans le premier numéro de la Revue Spirite :

 

1° Action occulte, quand elle n'a rien d'ostensible. Telles sont, par exemple, les inspirations ou suggestions de pensées, les avertissements intimes, l'influence sur les événements, etc.

2° Action patente ou manifestation, quand elle est appréciable d'une manière quelconque.

3° Manifestations physiques ou matérielles ; ce sont celles qui se traduisent par des phénomènes sensibles, tels que les bruits, le mouvement et le déplacement des objets. Ces manifestations ne comportent très souvent aucun sens direct ; elles n'ont pour but que d'appeler notre attention sur quelque chose, et de nous convaincre de la présence d'une puissance extra humaine.

4° Manifestations visuelles, ou apparitions, quand l'Esprit se produit à la vue sous une forme quelconque, sans avoir rien des propriétés connues de la matière.

5° Manifestations intelligentes, quand elles révèlent une pensée. Toute manifestation qui comporte un sens, ne fût-ce qu'un simple mouvement ou un bruit qui accuse une certaine liberté d'action, répond à une pensée ou obéit à une volonté, est une manifestation intelligente. Il y en a de tous les degrés.

6° Les communications ; ce sont les manifestations intelligentes qui ont pour objet un échange suivi de pensée entre l'homme et les Esprits. La nature des communications varie selon le degré d'élévation ou d'infériorité, de savoir ou d'ignorance de l'Esprit qui se manifeste, et selon la nature du sujet que l'on traite. Elles peuvent être : frivoles, grossières, sérieuses ou instructives.

Les communications frivoles émanent d'Esprits légers, moqueurs et espiègles, plus malins que méchants, qui n'attachent aucune importance à ce qu'ils disent.

Les communications grossières se traduisent par des expressions qui choquent les bienséances. Elles n'émanent que d'Esprits inférieurs ou qui n'ont pas encore dépouillé toutes les impuretés de la matière.

Les communications sérieuses sont graves quant au sujet et à la manière dont elles sont faites. Le langage des Esprits supérieurs est toujours digne et pur de toute trivialité. Toute communication qui exclut la frivolité et la grossièreté, et qui a un but utile, fût-il d'intérêt privé, est par cela même sérieuse.

Les communications instructives sont les communications sérieuses qui ont pour objet principal un enseignement quelconque donné par les Esprits sur les sciences, la morale, la philosophie, etc. Elles sont plus ou moins profondes et plus ou moins dans le vrai, selon le degré d'élévation et de dématérialisation de l'Esprit. Pour retirer de ces communications un fruit réel, il faut qu'elles soient régulières et suivies avec persévérance. Les Esprits sérieux s'attachent à ceux qui veulent s'instruire et ils les secondent, tandis qu'ils laissent aux Esprits légers le soin d'amuser par des facéties ceux qui ne voient dans ces manifestations qu'une distraction passagère. Ce n'est que par la régularité et la fréquence des communications qu'on peut apprécier la valeur morale et intellectuelle des Esprits avec lesquels on s'entretient, et le degré de confiance qu'ils méritent. S'il faut de l'expérience pour juger les hommes, il en faut plus encore peut-être pour juger les Esprits.

Dieu a jugé utile et nécessaire qu’il fallait à nouveau instruire l’homme. Si nous observons le cheminement des révélations, cela nous amène à constater que c’est à petits pas que l’homme évolue en raison des révélations des prophètes et des philosophes spiritualistes. Cela donne raison à ces paroles que l’on prête à Jésus : « Celui qui veut aller vite perd son temps. » Les révélations ont levé le voile de ce qui était caché à l’homme, afin de lui faire comprendre le sens de sa destinée et de son immortalité. Il a donc été dévolu au Spiritisme sous l’égide d’Allan Kardec de procéder à la dernière Révélation, car rien n’est sans raison, ni but suprême, dans cette marche de l’humanité à travers ses rigoureuses expériences au principe divine de son origine. Allan Kardec est un apôtre de la Vérité, depuis ses premières observations sur le monde spirituel, jusqu’à sa magistrale codification d’une doctrine révélée par le monde spirituel présent et invisible. Kardec ne s’est au demeurant jamais considéré comme un apôtre, mais il a laissé à la postérité un instrument médiatique en l’occurrence La Revue Spirite afin que le Spiritisme soit toujours en progression dans sa diffusion qui permet d’évoluer avec la science comme le symbole de l’échelle de Jacob l’indique. Il nous a laissé une œuvre de consolation et la science du monde spirituel, science qui suit la courbe ascendante de l’humanité et qui entend former l’homme dans la morale. Cette morale qui vient instaurer la paix, la fraternité et l’amour enseigné par le Christ en choisissant la plus belle des devises : « Hors la charité point de salut. »

Allan Kardec ce « penseur laborieux » comme l’a dit sur sa tombe Camille Flammarion, a clarifié une doctrine qui s’épanouit comme un troisième testament, une nouvelle alliance. Il a été le porte parole de la consolation divine. Nous ne saurions dire en mettant un point final à cet article, que c’est le Brésil, ce grand pays, qui détient, en raison de l’hommage qu’il ne cesse de prodiguer à Allan Kardec, la plus grande diffusion de sa doctrine avec une immense charité à travers toutes les classes de ses diverses races dans une même fraternité. Sur les traces du Brésil, les spirites du monde entier retiendront cet exemple pour parvenir aux mêmes épanouissements comme le disait si bien André Moreil, biographe d’Allan Kardec : « Louange donc à cet éducateur de notre humanité, lequel traça les principes de la troisième révélation, inaugurant une nouvelle ère pour le genre humain, sans omettre le travail discret mais immense d’Amélie Boudet, son épouse dénommée « La femme de l’Evangile », par l’illustre Gabriel Delanne.

On ne pouvait, pour clore ces mots, saluer et remercier la Fédération Spirite Brésilienne de l’aide immense qu’elle produit sur le plan de l’édition internationale de La Revue Spirite et en quelque sorte d’assurer sa pérennité en plusieurs langues, français, espagnol, anglais, russe, espéranto. Honorons toujours la mémoire de cet illustre maître Allan Kardec qui s’incarna sur notre planète pour aider notre humanité à évoluer.

Roger Perez.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans La Revue

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