PHENOMENOLOGIE

Publié le par Union Spirite Française et Francophone

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perturbateurs

dans un château du Calvados (1)

 

 

D

e tout temps, ce château fut l’objet de manifestations d’Esprits perturbateurs. Voici les faits :

Après quelques mois de séjour des nouveaux propriétaires, les phénomènes commencèrent à se manifester d'une façon intermittente.

Depuis cinq ans, rien ne s'était produit. Nous étions tranquilles sous ce rapport et grand fut notre


émoi, lorsque les faits se renouvelèrent. Nous comprîmes que si le château redevenait le théâtre des manifestations passées, force nous serait de quitter cette demeure qui nous plaisait tant.

Notre famille se compose des deux époux, de mon jeune fils et d'un abbé, son précepteur, ainsi que de quatre domestiques des deux sexes.

 

13 octobre 1875

M. l'abbé vient nous dire que son fauteuil se promène seul dans sa chambre. Ma femme et moi montâmes chez lui et prîmes minutieusement note de la place de chaque objet. Puis nous quittâmes l'abbé, en le priant de sonner dès qu'il verrait quelque chose d'anormal se produire.

A 10 heures du soir, l'abbé entend une série de coups frappés au mur et perçoit dans un angle de la pièce, un bruit étrange, comme si l'on remontait une pendule. Il voit qu'un chandelier se balance sur la cheminée et que son fauteuil remue. Il n'ose bouger et sonne. J'accours, je vois que le fauteuil s'est déplacé d'au moins un mètre ; plusieurs menus objets : statuettes, etc., se sont plus ou moins déplacées. Je retourne dans ma chambre ; après vingt minutes, j'entends deux coups formidables provenant de la chambre de l'abbé qui, immédiatement, nous appelle.

15 octobre

A 11 heures, nous sommes tous réveillés par des coups très forts, venant de la salle verte. De suite, aidé du cocher, j'entreprends une perquisition ; nous ne trouvons rien, mais pendant que nous cherchons, on entend des coups frappés dans un garde-manger ; nous l'ouvrons : rien. Pendant ce temps, ma femme, aidée de la femme de chambre, monte à l'étage supérieur, où le bruit d'un gros meuble se brisant, venait de se faire entendre : là non plus, rien ne fut découvert.

 

Dimanche 31 octobre

Nuit très agitée ; il semble que quelqu'un monte l'escalier avec une rapidité surhumaine, tapant des pieds à chaque pas. On entend sur une des parois du vestibule, cinq coups si formidables, que les objets suspendus se balançaient. On dirait qu'une barre de fer énorme vient d'être jetée avec une telle violence contre la paroi, que tout le mur du bâtiment en est secoué, Nouvelle visite minutieuse, sans rien découvrir ; nous retournons tous au lit, mais pour être bientôt obligés de nous relever à cause du fracas.

 

8 novembre

Nous sommes tous réveillés par des pas pesants qui montent rapidement l'escalier et par des bruits si forts que le château tremble sur ses bases ; nous entendons le bruit d'un corps élastique et lourd qui descend l'escalier, sautant vivement d'un degré à l'autre. Arrivé au bas, ce corps roula le long du corridor, s'arrêtant sur le palier. Survinrent des coups formidables et une barre de fer sembla être lancée violemment contre la porte de la salle verte. Puis un petit bruit de sauterie, comme en pourraient produire des pattes d'animaux se poursuivant.

 

10 novembre

 A une heure de la nuit, on entendit une galopade précipitée dans le vestibule et l'escalier, puis des coups très forts. Au dehors, la tempête bat son plein, avec vent, tonnerre et éclairs, ce qui augmente encore l'horreur de cette nuit.

Tout à coup, nous entendîmes un cri, puis un son de cor si puissant qu'il domina la tempête ; ces bruits semblaient venir du dehors. Peu après, trois cris aigus suivirent dans la même direction, mais paraissant se rapprocher. Encore deux autres cris aigus et douloureux, comme poussés par une femme implorant du secours. Plus tard, d'autres cris, mais venant comme du vestibule, finissant en plaintes d'agonisant.

 

13 novembre

Non seulement nous sommes persécutés la nuit, mais aussi de jour. Aujourd'hui à 3 heures, des coups dans mon étude près de la salle à manger. Perquisition immédiate, mais inutile. Un peu plus tard, bruit dans la salle verte. Nous accourons et nous trouvons un fauteuil traîné près de la porte, obstruant l'entrée. Un autre bruit dans la chambre de ma femme ; un fauteuil s'y promenait.

Nouvelle visite à la salle verte, où nous trouvons encore la porte obstruée par des fauteuils placés en travers.

 

Nuit du 13 novembre

A minuit on entend deux cris forcenés sur le palier ; ce ne sont plus ces cris de femme, mais des hurlements furieux, désespérés, de damnés ou de démons suivis de coups très violents.

 

21 décembre

Le soir, nous entendons des coups dans la chambre de ma femme, suivis  de  chutes d'objets ; perquisition inutile, aucun objet n'est à terre.

 

29 décembre

Ma femme entend des bruits divers, provenant de la chambre de l'abbé. Elle s'y rend avec ce dernier. Arrivés derrière la porte, ils entendent tout remuer. Ma femme veut ouvrir, mais la clef tourne dans la serrure, s'enlève et la frappe assez fort à la main pour qu'elle en conserve les marques quelques jours. L'abbé est témoin du fait.

 

 

2 janvier 1876

Pendant trois jours, ceux qui descendaient l'escalier étaient suivis par des coups s'arrêtant quand ils s'arrêtaient et les suivant pas à pas. Le curé de la paroisse qui vint ces jours là, fut suivi par ces coups.

 

5 janvier

Arrivée du révérend père H. L., envoyé par Monseigneur, afin de nous prêter aide. Pendant son séjour, aucun bruit, calme complet jusqu'au 15, jour où il pratiqua une cérémonie religieuse. Dans la nuit même, les bruits violents recommencèrent, mais si éloignés de la chambre du révérend, qu'il n'entendit rien. Il prit congé et de suite les bruits reprirent avec l'intensité d'autrefois.

 

Nuit du 17 janvier

A 11 heures, chute d'un corps pesant, suivie du roulement d'une grosse  balle  qui va  heurter  violemment la porte de la salle verte ; interminable galopade au second étage, suivie partout de coups violents ; tout vibre et tremble autour de nous.

 

 

 

Nuit du 20 janvier

Quatre cris aigus entendus de nous tous ; suivent divers mugissements venant du dehors, deux lancements de barres de fer et bruit de tambour au deuxième étage. Ma femme qui tenait la lampe allumée, entend un corps volumineux qui tombe de sa table à terre. Elle regarde, mais ne voit rien...

 

25 janvier

M. l'abbé lisait son bréviaire, lorsqu'une masse d'eau tomba sur le feu de la cheminée et l'éteignit, couvrant l'abbé de cendres (à noter, que depuis trois jours, le temps est beau et sec).

 

Nuit du 25 janvier

A vingt reprises, le château tremble sur ses fondements, on entend des coups si puissants que tout se déplace. Puis, des mugissements de taureaux, des hurlements inhumains, furieux, près de la porte de la chambre de ma femme. Tout le monde se lève. Cette nuit-là, le bruit fut entendu de la Fattoire à une grande lieue du Château.

 

 

 

28 janvier

Nous avons fait dire une neuvaine de messes à Lourdes, puis le révérend a pratiqué les exorcismes ritueliques et de ce jour tout a cessé. Suivent les lettres d'attestation des personnes ayant constaté les faits.

Extrait des Annales des Sciences Psychiques.

 

(1) Cette citation de M. Bozzano a été empruntée aux Annales des Sciences Psychiques et la version italienne de tous les phénomènes de hantise a paru dans la revue italienne Luce e Ombra la publication si connue qui paraît à Rome.

 


 

Explications spirites de ces manifestations :


Nous nous référerons, pour ces explications, au livre d’Allan Kardec : L’obsession. Nous citons quelques passages :

« Les faits de cette nature ne sont pas rares ; ils se ressemblent tous à peu de chose près et ne diffèrent en général que par leur intensité et leur plus ou moins de ténacité. On s'en inquiète peu quand ils se bornent à quelques bruits sans conséquence, mais ils deviennent une véritable calamité quand ils acquièrent certaines proportions. Notre honorable correspondant nous demande quels sont les Esprits qui font ce tapage. La réponse n'est pas douteuse : on sait que des Esprits d'un ordre très inférieur en sont seuls capables.

Les Esprits supérieurs, pas plus que parmi nous les hommes graves et sérieux, ne s'amusent à donner des charivaris. Nous en avons souvent fait venir pour leur demander le motif qui les porte à troubler ainsi le repos. La plupart n'ont d'autre but que de s'amuser ; ce sont des Esprits plutôt légers que méchants, qui se rient des frayeurs qu'ils occasionnent, et des recherches inutiles que l'on fait pour découvrir la cause du tumulte. Souvent ils s'acharnent après un individu qu'ils se plaisent à vexer et qu'ils poursuivent de demeure en demeure ; d'autres fois ils s'attachent à un local sans autre motif que leur caprice. C'est quelquefois aussi une vengeance qu'ils exercent comme nous aurons occasion de le voir. Dans certains cas, leur intention est plus louable ; ils veulent appeler l'attention et se mettre en rapport, soit pour donner un avertissement utile à la personne à laquelle ils s'adressent, soit pour demander quelque chose pour eux-mêmes. Nous en avons souvent vu demander des prières, d'autres solliciter l'accomplissement en leur nom d'un vœu qu'ils n'avaient pu remplir, d'autres enfin vouloir, dans l'intérêt de leur propre repos, réparer une mauvaise action commise par eux de leur vivant.

En général, on a  tort de s'en effrayer ; leur présence peut être importune, mais non dangereuse. On conçoit du reste le désir qu'on a de s'en débarrasser et l'on fait généralement pour cela tout le contraire de ce qu'il faudrait. Si ce sont des Esprits qui s'amusent, plus on prend la chose au sérieux, plus ils persistent, comme des enfants espiègles qui harcèlent d'autant plus ceux qu'ils voient s'impatienter, et qui font peur aux poltrons. Si l'on prenait le sage parti de rire soi-même de leurs mauvais tours, ils finiraient par se lasser et par rester tranquilles. Nous connaissons quelqu'un qui, loin de s'irriter, les excitait, les mettait au défi de faire telle ou telle chose, si bien qu'au bout de quelques jours ils ne revinrent plus. Mais, comme nous l'avons dit, il y en a dont le motif est moins frivole. C'est pourquoi il est toujours utile de savoir ce qu'ils veulent. S'ils demandent quelque chose, on peut être certain qu'ils cesseront leurs visites dès que leur désir sera satisfait.

Le meilleur moyen d'être renseigné à cet égard c'est d'invoquer l'Esprit par l'intermédiaire d'un  bon  médium écrivain à ses réponses on verra tout de suite à qui l'on a affaire, et l'on agira en conséquence ; si c'est un Esprit malheureux, la charité veut qu'on le traite avec les égards qu'il mérite. Si c'est un mauvais plaisant, on peut agir   envers lui sans façon ; s'il est malveillant, il faut prier Dieu de le rendre meilleur. En tout état de cause, la prière ne peut toujours avoir qu'un bon résultat. Mais la gravité des formules d'exorcisme les fait rire et ils n'en tiennent aucun compte. Si l'on peut entrer en communication avec eux, il faut se défier des qualifications burlesques ou effrayantes qu'ils se donnent quelquefois pour s'amuser de la crédulité.

La difficulté, dans beaucoup de cas, est d'avoir un médium à sa disposition. Il faut alors chercher à le devenir soi-même, ou interroger directement l'Esprit en se conformant aux préceptes que nous donnons à ce sujet dans notre Instructions pratiques sur les manifestations.

Ces phénomènes, quoique exécutés par des Esprits inférieurs, sont souvent provoqués par des Esprits d'un ordre plus élevé, dans le but de convaincre de l'existence des êtres incorporels et d'une puissance supérieure à l'homme. Le retentissement qui en résulte, l'effroi même que cela cause, appellent l'attention, et finiront par faire ouvrir les yeux des plus incrédules. Ceux-ci trouvent plus simple de mettre ces phénomènes sur le compte de l'imagination, explication très commode et qui dispense d'en donner d'autres ; pourtant quand des objets sont bousculés ou vous sont jetés à la tête, il faudrait une imagination bien complaisante pour se figurer que pareilles choses sont quand elles ne

sont pas. On remarque un effet quelconque, cet effet a nécessairement une cause ; si une froide et calme observation nous démontre que cet effet est indépendant de toute volonté humaine et de toute cause matérielle, si de plus il nous donne des signes évidents d'intelligence et de libre volonté, ce qui est le signe le plus caractéristique, on est bien forcé de l'attribuer à une intelligence occulte. Quels sont ces êtres mystérieux ? C'est ce que les études spirites nous apprennent de la manière la moins contestable, par les moyens qu'elle nous donne de communiquer avec eux. Ces études nous apprennent en outre à faire la part de ce qu'il y a de réel, de faux ou d'exagéré dans les phénomènes dont nous ne nous rendons pas compte. Si un effet insolite se produit : bruit, mouvement, apparition même, la première pensée que l'on doit avoir, c'est qu'il est dû à une cause toute naturelle, parce que c'est la plus probable ; il faut alors rechercher cette cause avec le plus grand soin, et n'admettre l'intervention des Esprits qu'à bon escient ; c'est le moyen de ne pas se faire illusion.


Publié dans S'instruire

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