Itinéraire Spirite (suite)

Publié le par Union Spirite Française et Francophone

C'est en s'inspirant de ces défenses que certains théologiens ont également condamné dans le passé la pratique saine et sainte du Spiritisme. Mais ce que Moïse condamne avec juste raison, ce sont les nécromanciens, les magiciens, les devins, les augures, en un mot ce qui constitue la magie. C'est aussi ce que condamne formellement le Spiritisme.

 

En effet, le Spiritisme détermine par deux mots très significatifs ce qu'il est et ce qu'il n'est pas dans ses rapports avec le monde spirituel. Le Spiritisme n'évoque pas à la manière des nécromanciens, il invoque. Ces deux mots ont la même racine, mais ils ne sont pas pour autant synonymes. Dans l'évocation, l'être auquel on s'adresse sort du lieu où il est pour venir à vous et manifester sa présence. Par contre, invoquer signifie appeler en soi ou à son secours une puissance supérieure. On invoque Dieu dans la pensée. La prière est une invocation. Dans l'invocation, l'être auquel on s'adresse vous entend.

 

Le XXIIème chapitre du IIème Livre des Rois parle de l'évocation de l'ombre de Samuel par la pythonisse. On le voit, les défenses de Moïse ne pouvaient s'appliquer au commerce des hommes avec les Esprits puisque Moïse ne devait rien dire de la survivance. Elles n'avaient qu'un but ! préserver les Hébreux des pratiques idolâtres des peuples voisins et l'erreur des évocations. Malgré ces prohibitions, les phénomènes spirites abondent dans la Bible.

 

Le rôle des voyants, des oracles, des pythonisses, des inspirés de tout ordre y est considérable. Ne voyons-nous pas Daniel, par exemple, y provoquer par la prière des faits médiumniques (IX-21). Le livre qui porte son nom est cependant considéré comme inspiré. Comment les défenses de Moïse pourraient-elles servir d'arguments aux croyants d'aujourd'hui alors que pendant les trois premiers siècles de notre ère, les chrétiens n'y ont vu aucun obstacle à leurs relations avec le monde spirituel, autrement dit, le monde invisible. D'ailleurs, saint Jean ne disait-il pas : "Ne croyez pas à tout Esprit mais éprouvez les Esprits pour savoir s'ils viennent de Dieu ?" Ce n'est pas là une prohibition, au contraire.

 

On lit dans Samuel au chapitre IX - v. 9 : "Jadis lorsqu'on allait consulter Dieu, on disait : venez, allons trouver le voyant ! Car ceux qu'on appelle aujourd'hui prophètes, on les appelait voyants." C'était donc Dieu qui inspirait aux voyants toutes leurs réponses. Mais les prophètes et les voyants étaient faillibles et se trompaient souvent. Comment concilier ces erreurs avec l'infaillibilité de Dieu ?

 

Par une contradiction singulière chez ceux qui niaient les manifestations des âmes, on en venait parfois à évoquer les morts, admettant ainsi le fait que Saül évoque l'Esprit de Samuel chez la pythonisse d'Endor (Samuel, chapitre 28-6).

 

Peu à peu les croyances des juifs s'élargirent et se complétèrent au contact d'autres peuples plus avancés en civilisation. L'idée de la survivance et des existences successives de l'âme pénétra de l'Egypte et de l'Inde jusqu'en Judée. Les Sadducéens reprochaient aux Pharisiens d'avoir emprunté aux orientaux la croyance aux vies renaissantes de l'âme. Ce fait est affirmé par l'historien Flavius Joseph. Les Esséniens et les Thérapeutes professaient la même doctrine. Il n'est pas impossible de dire qu'il existait dès cette époque en Judée, comme cela est prouvé plus tard, à côté de la doctrine officielle, une doctrine secrète, plus complète, réservée aux intelligences d'élite.D'ailleurs, le plus ancien code religieux que l'on connaisse, les Védas, paru avant Jésus-Christ, relate l'existence des Esprits. Voici comment le grand législateur Manu chante le Rig-Véda, un des quatre livres sacrés des Védas : "Les Esprits des ancêtres, à l'état invisible, accompagnent certains Brahmanes pour les cérémonies en commémoration des morts, sous une forme aérienne, ils les suivent et prennent place à côté d'eux lorsqu'ils s'asseyent."

 

Les premiers missionnaires arrivés en Chine observent un grand nombre d'expériences qui ont pour but de faire communiquer les vivants et les disparus depuis des temps immémoriaux. Tous les historiens sont d'accord pour accorder aux prêtres de l'Ancienne Egypte des pouvoirs qui semblaient surnaturels.

 

En Grèce, la croyance aux évocations était générale. Les temples possédaient tous des pythonisses chargées de rendre les oracles en évoquant les dieux. Mais parfois, le consultant désirait voir et parler lui-même à l'ombre désirée et, comme en Judée, on parvenait à le mettre en communication avec l'être qu'il voulait interroger. Homère dans l'Odyssée, décrit minutieusement par quelles cérémonies Ulysse peut converser avec l'ombre du divin Thérésias (devin de Thèbes qui joua un grand rôle dans la légende d'Oedipe).

 

Apollonius de Tyane savant philosophe, pythagoricien et thaumaturge renommé, possédait des connaissances très étendues. Sa vie fourmille de faits extraordinaires : il croyait fermement aux Esprits et à leurs communications avec les incarnés de la terre. Tous les dieux qui rendirent des oracles avaient des médiums. Ils étaient les pallicides chez les Egyptiens, les pythonisses à Delphes, les sibylles des temples de Dodone, les augures d'Olympie.

 

Tertullien, docteur de l'Eglise né en 160 à Carthage, décrit la pratique du Spiritisme de son temps comme nous pouvons le constater de nos jours par ceux qui ont l'honneur et la charge d'être les légitimes représentants de cette pratique dans des conditions ointes par Dieu.

 

L'héroïne Jeanne d'Arc montre que les communications avec les Esprits peuvent donner des résultats aussi grandioses qu'inattendus. L'histoire de cette jeune fille chassant l'étranger qui étouffait son pays, guidée par les puissances spirituelles, semblerait une merveilleuse fiction si l'histoire ne lui avait donné son inattaquable consécration.

 

Les manifestations matérielles et spectaculaires du Spiritisme qui se sont produites durant tout le XIXème siècle, sont de nos jours reléguées au second plan par les vrais spirites. Le Spiritisme demeure scientifique, mais son caractère religieux prime sur tous les plans, car l'expérience a précisément démontré que ceux qui ne veulent voir dans le Spiritisme que la partie expérimentale, le fait matériel ne s'arrêtent qu'à l'effet en occultant la cause, à l'exemple des parapsychologues matérialistes qui préfèrent ainsi la coquille à la noix, la paille des mots au grain des idées, la reliure au contenu du livre... Si nous considérons maintenant la morale enseignée par les Esprits instructeurs, elle est toute évangélique, c'est tout dire, elle prêche la charité chrétienne dans toute sa sublimité...

 

Dans saint Jean, au chapitre XIV, v. 15, 16, 17, 26, on peut lire : "Si vous m'aimez, gardez mes commandements. Quant à moi, je prierai le Père et il vous enverra un autre Directeur afin qu'il soit éternellement avec vous. C'est l'Esprit de Vérité que le monde ne peut recevoir parce qu'il ne le voit point et qu'il ne le connaît point ; mais vous tous le connaissez, parce qu'il demeure auprès de vous et il sera en vous." V. 26 : "Mais le Directeur le Saint-Esprit que mon Père enverra en mon nom vous enseignera toutes choses et vous fera ressouvenir de tout ce que je vous ai dit."

 

Le Saint-Esprit veut dire dans la traduction la plus courante Le Paraclet, lequel, en hébreu, signifie aussi consolateur et en grec : assistant, conseiller, avocat.

 

Rabelais disait : "Rompez l'os et sucez la moelle !" C'est une moelle fortifiante que l'enseignement des Esprits car il nous guérit à notre sens de la peur de la mort, il nous arme pour les luttes fécondes. Le Spiritisme a aussi tout un côté scientifique, il repose sur des faits incontestables mais ce sont surtout les conséquences morales qui intéressent la majorité de ceux qui le pratiquent. L'expérimentation, l'analyse minutieuse des faits restent toujours à la portée de tous. Les humbles qui forment la masse des hommes ont tout ce qui est nécessaire pour comprendre l'étude des phénomènes et leur finalité, ceux-là ont le plus de capacité pour en connaître tous les fruits, toute la portée. Allan Kardec dit : "Le Spiritisme si l'on se donne la peine de l'étudier n'est pas autre chose que l'étude de la vie dans sa plénitude, la vie sous ses deux formes alternatives : visible et invisible."

 

La physique quantique a démontré ce constat. Nous pouvons donc dire que la physique de pointe de nos jours, milite en faveur de l'existence d'un monde invisible organisé. Tout ce que nous voyons, dit-elle, n'est qu'apparence. Le réel est l'invisible d'où émane l'énergie intelligente et créatrice qui meut tout l'infini dans l'éternel. Il s'agit du distinguo qu'enseignent les Esprits mandatés par Dieu entre la substance et l'essence. Mais les scientifiques, tout au moins dans leurs déclarations officielles, perdent pied devant la création et se trouvent devant l'impossibilité de nier le parfait principe dynamique dont la réalité éclate et s'impose par la logique de la raison : Dieu.

 

Pour nous spirites, nous savons que cette vie invisible nous domine, nous enveloppe, nous relance. Nous en sortons à la naissance et nous y replongeons à la désincarnation.

 

L'enseignement des Esprits nous apprend que la vie invisible est sans limite, elle est préexistante et survivante à tout, tandis que la vie terrestre n'est qu'une forme passagère de l'existence fugitive comme l'ombre d'un instant, comparée à l'éternité. Ils nous disent que la réincarnation est la plus admirable des lois, avec elle disparaissent tous les préjugés de races et de castes, puisque le même Esprit peut renaître riche ou pauvre, grand patron ou manoeuvre, chef ou subordonné, libre ou esclave, homme ou femme. Essayez, disent-ils, de tous les arguments invoqués contre la servitude et l'esclavage, contre la sujétion de la femme à la loi du plus fort, s'il y en a un seul qui prime en logique le fait de la réincarnation. Si donc la réincarnation fonde sur une loi naturelle le principe de la fraternité universelle, elle fonde sur la même loi celui de l'égalité des droits sociaux et par suite celui de la liberté.

 

La vie invisible est le siège de forces, de puissances qui animent le cosmos, c'est le monde des causes. Sans les connaître, aucun savant ne pourra jamais résoudre l'énigme de l'univers.

 

Une des principales confirmations qu'a donnée l'expérimentation spirite est l'existence du périsprit ou corps spirituel.

 

Tertullien déclarait que la corporalité de l'âme est affirmée par les Evangiles : "Corporalitas animoe in ipso Evangelio relucesit", car ajoute-t-il, "Si l'âme n'avait pas un corps, l'image de l'âme n'aurait pas l'image du corps." (Traité De Anima - chapitres VII, VIII et IX - édition de 1657, page 8).

 

Saint Basile parle du corps spirituel comme l'avait fait Tertullien. Dans son traité du Saint-Esprit, il assure que les anges se rendent visibles par les espèces de leurs propres corps en apparaissant à ceux qui en sont dignes (Saint Basile - Liber de Spiritu Sancto - CXVI, édition Bénédictine de 1730, t III, page 32). Ce point de vue était aussi celui de saint Grégoire, de saint Cyrille d'Alexandrie, de saint Ambroise, ce dernier s'exprimant ainsi : "Ne nous imaginons pas qu'aucun être soit exempt de matière dans sa composition, à l'unique exception de la substance de l'adorable trinité." La trilogie spirite est précisément cet ensemble : corps - périsprit - esprit.

 

Saint Cyrille de Jérusalem écrit ceci : "Le nom d'Esprit est un nom générique et commun, tout ce qui n'a pas un corps épais et lourd est d'une façon générale appelé Esprit" (Catéchis, XVI, édition Bénédictine de 1720, pages 251 et 252).

 

En d'autres passages, saint Cyrille attribue soit aux anges, soit aux âmes des défunts des corps plus subtils que le corps terrestre (Catéchésis XII, paragraphe A4 - Catéchésis XVIII, paragraphe 19).

 

Evode, évêque d'Uzale écrit en 414 à saint Augustin pour l'interroger sur la nature et la cause d'apparitions dont il lui donne plusieurs exemples et pour lui demander si après la mort : "Quand l'âme a quitté ce corps grossier et terrestre, cette substance corporelle ne demeure point unie à quelque autre corps non composé comme celui-ci, mais plus subtil et qui tient de la nature de l'air et de l'éther. Je crois donc que l'âme ne saurait être sans quelque corps". (Oeuvre de saint Augustin - lettre 158).

 

Saint Bernard dit : "Nous attribuerons donc en toute assurance, à Dieu seul, la vraie incorporéité, ainsi que la vraie immortalité, parce que seul des Esprits, il dépasse toute la nature corporelle, assez pour qu'il n'ait besoin du secours d'aucun corps pour aucun travail, puisque sa volonté spirituelle seule, lorsqu'il l'exerce, lui permet de tout faire..." (Sermo VI in Cautica édit Malaillon, tome I, col 1277).

 

Enfin, saint Jean de Thessalonique confirme au Concile de Nicée en 737 ces vues : "L'Eglise décide que ces êtres sont à la vérité spirituels, mais non complètement privés de corps et doués au contraire d'un corps aérien, ténu ou igné. Il n'y a que Dieu qui soit incorporel et sans forme. Quant aux créatures spirituelles, elles ne sont nullement incorporelles " (Histoire universelle de l'Eglise catholique par l'abbé Rohrbacher, docteur en théologie, tome XI, pages 209 et 210).

 

Nous avons cru devoir rappeler ces opinions parce qu'elles constituent autant d'affirmations en faveur de l'existence du périsprit. Celui-ci n'est pas autre chose en réalité que ce corps subtil, enveloppe inséparable de l'esprit, indestructible comme lui, entrevu par l'Eglise de tous les temps.

 

Ces affirmations sont complétées par les témoignages de la science actuelle obtenues par la photo Kirlian. L'aura, fondement des philosophies occidentales et que les peintres autrefois dessinaient autour des saints, devient une réalité de la physiologie humaine.

 

Un électricien soviétique Semyon Kirlian a inventé un appareil qui produit un champ électrique. Il s'agit d'un générateur émettant entre 75.000 et 200.000 oscillations par seconde. Si nous mettons une plaque photo sensible en contact avec la matière vivante, celle-ci se trouvant placée dans le champ électrique produit par le générateur, nous obtenons une bioluminescence qui reflète l'activité vitale de la matière.

 

Chaque élément animé de vie au sens biologique (plante, fleur, main, tête) dégage dans ces conditions une aura énergétique particulière inhérente à chaque élément vital. Les savants appellent cela l'état radiant, certains autres l'effet Corona.

 

C'est Jean Jaurès qui écrit dans son article La réalité du monde sensible : "Il y a en nous un moi inconnu qui peut exercer une action directe sur la matière, soulever par une volonté énergique un corps étranger, comme s'il était son propre corps, percer du regard l'opacité d'un obstacle et recueillir à distance à travers l'espace la pensée exprimée d'un autre moi."

 

Gabriel Delanne a produit deux remarquables ouvrages sous le titre : Les apparitions des vivants et des morts , prouvant ainsi l'existence du périsprit. En outre, par de nombreux moulages de mains et de matérialisations d'Esprits obtenus par Crookes, Russel Wallace, Aksakof, par la vision des médiums, la photographie de défunts que nous avons, nous pouvons non seulement prouver l'existence de ce corps subtil dont saint Paul parle, mais également ce qui nous paraît le plus essentiel, notre immortalité.

 

Nous avons sur ce point une divergence de vues avec nos frères catholiques et néanmoins chrétiens comme nous, qui confondent l'action du périsprit et ses manifestations après la séparation du corps humain avec l'idée de la résurrection de la chair.

 

Sauf erreur ou omission de notre part, cette expression se rencontre peu dans les écritures ; on y trouve plutôt celle de la résurrection des morts (Paul, 1ère épître aux Ct XV, 21). Dans les actes des apôtres, au paragraphe XXIII 6, 9, Paul s'écria en plein Sanhédrin : "Mes frères, je suis Pharisien, fils de Pharisiens, c'est à cause de l'espérance de la résurrection des morts que je suis en jugement. Il s'éleva un grand bruit et quelques-uns des Pharisiens contestaient en disant : "nous ne trouvons point de mal en cet homme, que savons-nous si un Esprit ou un ange ne lui a point parlé ?"

 

Est-il possible de voir en ces faits autre chose que des cas de dédoublement de l'être humain et l'action à distance de son enveloppe fluidique ? Il en est de même de nombreux cas d'apparitions des désincarnés, mentionnés dans les Ecritures. Elles ne sont explicables que par l'expérience d'une forme semblable à celle que l'Esprit possédait sur la terre, mais plus subtile, plus ténue et survivant à la destruction du corps charnel. Sans périsprit, sans forme, comment des Esprits pourraient-ils se faire reconnaître des hommes ? Comment pourraient-ils se reconnaître entre eux dans l'au-delà ? Sous des appellations diverses, cette relation importante entre le corps et l'Esprit est désignée dans le public sous les noms de : corps astral, éthérique, vital, spirituel, âme sensible, psyché ou encore par le psi des parapsychologues.

 

D'autres, attachés aux conceptions matérialistes confondant la cause et l'effet, voient ce corps spirituel naître en même temps que se forme le corps physique durant la gestation, ou encore le voient lié aux constituants de la cellule, l'A.D.N. (acide désoxyribonucléique) ainsi que les gènes et chromosomes du code génétique. C'est à notre sens une erreur, car seul compte l'Esprit dans la création. A preuve, les hommes de génie n'ont laissé pour la plupart qu'une progéniture falote ou dégénérée. Nous pouvons le constater avec Périclès, Sophocle, Cicéron, Alexandre le Grand, Marc Aurèle, Charlemagne, Henri IV, Pierre le Grand, Descartes, Goethe, Racine, La Fontaine, Buffon qui n'ont engendré que des médiocres ou des chétifs.

 

Le corps physique, comme tout ce qui est matière, n'a qu'une stabilité et une existence relative permettant à l'Esprit immortel d'accomplir les expériences nécessaires à son développement.

 

Le monde des causes est celui de l'Esprit. Allan Kardec dit : "Le lien ou périsprit qui unit le corps et l'Esprit est une sorte d'enveloppe semi-matérielle. La mort est la destruction de l'enveloppe grossière ; l'Esprit conserve la seconde qui constitue pour lui un corps éthéré... Ainsi, l'Esprit n'est pas un être abstrait que la pensée seule ne peut concevoir... C'est un être réel, concret, circonscrit" (cf. Le Livre des Esprits, chapitre VI, page 22).

 

Le périsprit est le siège des champs magnétiques s'équilibrant et combinant leurs lignes de force pour constituer l'image de toutes les fibres et de tous les organes du corps physique qu'il devra former et vitaliser en sélectionnant et en arrangeant selon leur destin propre, non pas les cellules directement, mais en prenant possession des Esprits cellulaires qui les animent et qui possèdent leur vie individuelle.

 

On peut éprouver certaines difficultés à imaginer un ensemble de lignes de force réalisant des formes. L'arrangement des cristaux de glace sur une vitre, de la limaille de fer sous l'influence de l'aimant sont des exemples simples. La masse des corps, la cohésion moléculaire sont l'effet des forces.

 

Les méthodes d’acupuncture sont révélatrices de l’importance de ces lignes de force dans le corps humain. Les révélations du monde spirituel nous indiquent que le périsprit humain tient de la matière et de l’Esprit, il enregistre tout, même les gestes les plus insignifiants d’une manière indélébile ; cette mémoire nous est rendue dans l’au-delà où nous nous verrons présents et agissants. Gabriel Delanne le rappelle lorsqu’il écrit : "La connaissance du périsprit est toute l’explication des vies successives."
D’autre part, on ne peut expliquer les nombreux cas de bilocations sans l’existence du périsprit. Exemples :

 

Alphonse de Ligori fut canonisé pour s’être montré simultanément en deux lieux différents.

 

Saint Antoine de Padoue défend son père d’une accusation de meurtre devant le tribunal de Padoue et dénonce le vrai coupable au même moment où il prêchait en Espagne devant de nombreux fidèles.

 

Saint François Xavier se montre plusieurs fois à la même heure en des milieux fort éloignés l’un de l’autre, même chose pour Marie d’Agréda dont nous avons relaté les extraordinaires bilocations dans La Revue Spirite, même phénomène pour le curé d’Ars et le Padre Pio.

 

Joseph de Copertino se transportait auprès des mourants.

 

Saint Pierre d’Alcantara apparut à Thérèse d’Avila un an avant sa mort.

 

Les solitaires du désert étaient familiarisés avec ces sortes d’extériorisations ou sorties astrales.

 

Saint Jean d’Egypte répondit à un officier qui sollicitait pour sa femme la permission de la visiter : "Allez dire à votre femme qu’elle me verra cette nuit sans sortir de la maison où elle se trouve."

 

Le psychologue et anthropologue italien Ernest Bozzano dans son traité sur la bilocation, compile une série de ces phénomènes survenus chez une foule de personnes.

 

L’Esprit bénéficie du travail de purification et de développement du périsprit. Il conserve la quintessence de ses expériences terrestres sous forme d’analyse, de jugement, de sentiments, d’intelligence, de connaissance, de spiritualité, d’amour. C’est son bagage impérissable que le périsprit lui aura procuré par l’enregistrement et la transmission de ses sensations et réactions qui se transforment en automatismes. Les pensées, les actions contribuent à tisser, à fournir la trame dont est composé le périsprit, à l’épurer ou à l’alourdir. Le périsprit accumule une foule de souvenirs, y compris ceux des vies passées qui sont parfois restituées au cerveau, à l’état de veille, sous forme de projections mentales.

 

Si, par violence ou par suicide, le périsprit est blessé, mutilé, il prend les blessures du corps puisqu’il est frappé avant l’extériorisation complète de la matérialité. S’il se réincarnait trop vite, le périsprit ne pourrait guérir et ses cicatrices affecteraient le corps matériel de l’incarnation suivante. Il y a d’autres fonctions dans le périsprit mais qui seraient trop longues à développer ici.

 

En résumé, le périsprit, par la force vitale dont il est le centre, joue le rôle essentiel dans tous les phénomènes relatifs à la faculté médiumnique ainsi qu’au magnétisme dit "animal", l’hypnose, le traitement des maladies organiques et les guérisons.

 

Une définition concise donnée par les Esprits est ainsi énoncée : "Le périsprit est le corps fluidique de l’Esprit, c’est la condensation du fluide universel autour d’une source intelligente, l’Esprit."

 

Les Esprits évolués transforment leur périsprit quand ils s’approchent des humains pour se communiquer. De là, pour eux souvent des difficultés pour se faire entendre dans les ambiances où existe une mentalité matérialiste.

 

La nature du périsprit est toujours en relation avec le degré d’avancement moral de l’Esprit. Il peut se manifester comme dans les apparitions et les matérialisations.

 

C’est un principe de conservation d’énergie où est accumulé un maximum d’informations. La haine, l’irritation, les excès de table, le tabac, l’alcool, les déséquilibres sexuels, les déviations sexuelles, les drogues se répercuteront sur nos prochaines incarnations par des séquelles physiques sur les corps que nous reprendrons.

 

La vocation du Spiritisme est autant spiritualiste que scientifique. Ce concept bivalent permet de conduire l'élévation des Esprits en évitant tout dogmatisme religieux. Mais, être spiritualiste, c'est aussi être religieux dans son vrai sens étymologique. Comme le préconise saint Augustin : "Nous avons cherché comme cherchent ceux qui doivent trouver et trouvons comme ceux qui doivent chercher encore." Cet illustre esprit n'a-t-il pas dit aussi : "Je suis convaincu que ma mère reviendra me visiter et me donner des conseils en me révélant ce qui nous attend dans la vie future." Aucun autre commentaire ne sera fait sur cette conviction, persuadé que tout un chacun saura l'apprécier.

 

Pour les spirites, la résurrection de la chair au sens strict est rendue impossible. Si les débris du corps humain restaient homogènes, fussent-ils dispersés et réduits en poussière, on concevrait leur réunion à un temps donné, mais les choses ne se passent pas ainsi. Le corps est formé d'éléments divers : oxygène, hydrogène, azote, carbone, etc. Par la décomposition, ces éléments se dispersent mais pour servir à la formation de nouveaux corps, de telle sorte que la même molécule de carbone par exemple, sera entrée dans la composition de plusieurs milliers de corps différents.

 

La matière étant en quantité définie, ses transformations sont en quantités indéfinies. Comment chacun de ces corps pourrait-il se reconstituer des mêmes éléments ? Il y a là une impossibilité matérielle. La révélation des Esprits rend compréhensible le sens que l'on donne à la résurrection. Remarquons aussi que la résurrection fait de la terre le seul monde habité, alors que la pluralité des mondes est aujourd'hui une évidence.

 

Pour nous, la résurrection de la chair est le symbole de la réincarnation, et alors rien ne choque plus la raison, rien qui soit en contradiction avec les données de la science. Mais n'y a-t-il pas, dans ce tableau du jugement dernier, une grande et belle figure qui cache sous le voile de l'allégorie, une de ces vérités immuables qui ne trouvera plus de sceptiques quand elle sera ramenée à sa véritable signification ? Avec un langage allégorique, on explique mal les faits. Avec des faits clarifiés, on sort du domaine de la croyance pour entrer dans celui de l'expérience, on cesse de pouvoir adapter ce que l'on veut. Les Esprits instructeurs nous disent : "Il n'y a que les humains qui déclarent a priori que le mystère est impénétrable, qui peuvent ainsi errer. Le coeur parfois perd le droit de choisir, la raison par contre a le droit d'acquiescer". Et c'est là souvent la différence "Hénaurme" comme eût dit Flaubert.

 

Les révélations des Esprits à notre sens, ne viennent donc pas renverser la religion, comme quelques-uns le prétendent. Elles viennent au contraire la confirmer, la sanctionner par des preuves. Mais comme le temps est venu de ne plus employer le langage figuré, ils s'expriment sans allégorie et donnent aux choses un sens plus clair et plus précis qui ne puisse être sujet à aucune fausse interprétation.

 

Dans Le Livre des Esprits , la question 1010 est la suivante :

 

"La résurrection de la chair est-elle la consécration de la réincarnation enseignée par les Esprits ?"

 

La réponse est celle-ci : "Comment voulez-vous qu'il en soit autrement ?"

 

- Il en est de ces paroles comme de tant d'autres qui ne paraissent déraisonnables aux yeux de certaines personnes que parce qu'on les prend à la lettre. C'est pourquoi elles conduisent à l'incrédulité et à des interprétations erronées. Avant peu, on reconnaîtra que le Spiritisme ressort à chaque pas du texte même des Ecritures Sacrées.

La réalité de la réincarnation n'est pas une question de foi au sens où on l'entend généralement, c'est-à-dire une adhésion aveugle irrationnelle ress

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